Depuis 2011 et au regard du débat à Bruxelles autour des normes sur l’efficacité énergétique, cette dernière suscite une nouvelle forme de vocation chez les lobbyistes des entreprises de l’équipement électrique. Retour sur cette activité d’un nouveau genre dans ce secteur.

C’est par de brèves communications, que nous apprenons régulièrement, qu’à Bruxelles, des lobbyistes demandent plus d’efforts sur l’efficacité énergétique des bâtiments. Une telle requête nous oblige à se pencher sur les mutations actuelles des professionnels du lobbying des entreprises privées.

Il y a plus d’un siècle, la guerre énergétique a opposé des pays, des entreprises pour mettre la main sur des matières premières. Le progrès énergétique naissant était concentré dans des  infrastructures installées dans chaque bâtiment, village, ville et région. Aujourd’hui, la nature du lobbying dans le secteur de l’électricité sur le vieux continent est en train d’être bouleverser par la pression autour du paquet énergie-climat de l’Union Européenne.

Evidemment, on explique de plus en plus à Bruxelles que le bâtiment est responsable de 40 % de la consommation d’énergie et alimente 36 % des gaz à effet de serre. Une directive européenne, votée en 2013 et applicable depuis le 26 septembre, est venue bouleverser la donne en matière de réglementations sur l’efficacité énergétique. Intitulée ERP (Energy related products), elle favorise notamment l’émergence des chaudières à condensation, moins gourmande en énergie et moins polluante que les modèles anciens.

La directive européenne ERP n’aurait jamais vu le jour sans des lobbyistes tel Adrian Joyce, directeur d’EuroACE, le puissant lobby consacré à Bruxelles à l’efficacité énergétique des bâtiments. L’Alliance européenne des entreprises pour l’efficacité énergétique dans les bâtiments a été formée en 1998 par une vingtaine de sociétés leaders en Europe, impliquées dans la fabrication, la distribution et l’installation de produits d’économie d’énergie et de services. EuroACE représente une industrie de 172 000 employés pour un chiffre d’affaire de l’ordre de 140 Mds€. EuroACE n’est pas seul sur le sujet de l’efficacité énergétique.

D’autres lobby abondent dans l’idée qu’il faut maintenir la pression sur les politiques pour que le souhait de l’UE de réduire la demande énergétique des constructions résidentielles et commerciales de plus de 80 %, d’ici 2050, soit respecté.

Parmi les lobbyistes de l’efficacité énergétique, on trouve même ceux qui regrettent, que certains gouvernements aient décidé de supprimer les subventions destinées aux énergies renouvelables sous le coup de l’austérité. Ainsi, être lobbyiste de l’efficacité énergétique est un métier d’avenir, même si les obstacles ne sont pas encore tous levés.