La disruption du monde bancaire par les nouvelles technologies anticipe la disparition prochaine des agences. Les citoyens des villes de demain que l’on prédit intelligente, supporteront-ils d’habiter dans des territoires urbains sans conseiller humain pour leurs finances ?

Dans les années 70, les banques se sont concertées pour choisir les meilleurs placements dans une ville, afin d’installer leurs succursales.

Tout naturellement, ils ont découvert que les brasseries à l’angle des rues, boulevards et avenues, était les endroits les mieux indiqués. Ainsi, dans l’histoire des villes françaises ont peut préciser que beaucoup de brasseries ont laissées place au secteur bancaire.

On assiste aujourd’hui à un double impact du numérique sur le territoire urbain. Une montée en puissance de services intelligents dans la ville et à la disparition de réseaux d’accompagnement et de conseil comme les banques. Si les FinTech prennent la place de votre conseiller bancaire qui vous recevait au bout de votre rue, ce n’est pas simplement une relation de proximité qui est mise à mal, mais bien la relation territoire et entreprise qui se retrouve bouleversée.

Une fracture générationnelle apparaît déjà au sujet de l’adaptation des technologies au marché bancaire. Concernant les 45-70 ans, pour rien au monde ils n’accepteraient une disparition de leur conseiller en agence, chez qui, pour un doute ou un  renseignement, on ne s’interdit pas un coup de fil ou une visite. Par contre, les 30-35 ans sont aujourd’hui absorbés par une relation strictement digitale.

Alors, germe actuellement l’idée d’une banque idéale pour les deux générations, offrant, tout à la fois, des outils numériques et un contact humain, c’est-à-dire bionique. Renforcée par deux études d’avril dernier du Boston Consulting Group (BCG), cette idée de banque de détail qui ne serait pas exclusivement pure player, mais en biphasée, permet d’équilibrer les besoins du client, entre ceux qui peuvent se connecter automatiquement et ceux qui préfèrent un contact avec le conseiller porteur d’une valeur ajoutée.

Tout naturellement, on se dirige vers le même modèle de restructuration des opérateurs télécoms. Jusqu’aux années 2000, le client devait se présenter à l’agence pour effectuer ses opérations, puis il a vu ses déplacements à la boutique télécom se réduire au profit de contact téléphonique avec un conseiller. Reste que la gestion de son patrimoine financier est confiée à un seul conseiller, alors que concernant ses télécommunications il n’y a pas de risque à avoir de multiples intervenants chez un opérateur.

Le dernier des défis pour les banques traditionnelles face à cette nouvelle configuration de leurs services, c’est de résister aux nouveaux entrants dans la sphère bancaire grâce à la bénédiction des nouvelles technologies de l’information. Les opérateurs téléphoniques en savent quelque chose, eux qui ont été dépossédé par les services par tels les moteurs de recherche et par les réseaux sociaux. Il est légitime de s’interroger : dans la banque de détail que restera-t-il comme services dans leur giron et que sera développé par des Start ups désignées aujourd’hui par l’enseigne « FinTech » ?