(20 mars 2014) L’ONU et l’UNESCO ont proclamé en décembre dernier, 2015 comme année internationale de la Lumière. Les pays qui se préparent à cet évènement via leurs scientifiques et professionnels du domaine, devraient s’interroger. Ont-ils une ambition novatrice dans l’éclairage de leurs villes, lorsque le métier de concepteur lumière n’est pas associé à l’évènement.

Une pétition pour la reconnaissance de la profession de Concepteur lumière circule actuellement, à travers l’Italie, la France, l’Espagne, la Grande-Bretagne… Les professionnels de ce métier avaient pensé, en début d’année et à la faveur de l’annonce par l’ONU, de faire de 2015, Année Internationale de la Lumière et de ses technologies, reconnaître la spécificité de leur métier. Peine perdue, les organisateurs de l’évènement ne voient pas encore l’utilité des concepteurs lumière, alors que partout dans le monde, ce métier prend une nouvelle dimension avec la monté en puissance du numérique qui ouvre de nouvelles perspectives pour l’éclairage intérieur et extérieur, architectural et urbain.

Concepteur lumière, un métier essentiel à l’ère de l’éclairage intelligent

Cette oubli est fâcheux, tant le besoin de concepts, de scenarios devient essentiel à la gestion de l’éclairage d’une ville, d’un bâtiment, d’une pièce… Car, à la faveur de la convergence éclairage / numérique, nous venons de tourner la page de l’ampoule incandescente de Thomas Edison, à la lumière statique, pour rentrer dans l’ère de la LED et de la lumière intelligente.

Pour Rik van Stiphout, le gestionnaire de l’éclairage de la ville d’Eindhoven en Hollande, l’offre de lumière artificielle au public est devenue une question de confort. «Notre nouveau système d’éclairage LED peut être contrôlé par des ordinateurs, ce qui signifie que chaque lampadaire peut être commandé individuellement. », expliquait-il récemment à la presse.

L’éclairage en LED existe déjà dans des dizaines de villes à travers le monde, mais à Eindhoven, depuis le 14 mars, il est pour la première fois piloté par ordinateur et cela pour chaque lampadaire individuellement. Ici, le concepteur lumière prend toute sa dimension novatrice, celle d’être au départ de la mise en scène des infrastructures de l’éclairage dans une ville, le scénariste d’un fonctionnement selon les besoins des usagers d’un espace urbain et non pas selon le temps du jour ou de la nuit.

L’éclairage nocturne a besoin de scénaristes

Cela signifie qu’une lanterne peut être activée ou désactivée selon le degré de présence dans une rue. Si personne n’est là, il y a diminution, mais dès qu’une voiture, un vélo ou un piéton approche, les LED/Publics s’allument et accompagnent le véhicule ou la personne sur son chemin. Car, un système de mémoire leur permet même de se rappeler vos promenades régulières.

Le concepteur lumière devient alors le scénariste d’une vie urbaine en amont des besoins en éclairage qui, à la fois, permet les réductions de coûts d’énergie et les émissions de CO2, et offre des visions virtuelles insoupçonnées.

Ainsi, le rôle du concepteur lumière durant l’évènement 2015, devrait être réévalué par les organisateurs. A une centaine de kilomètres d’Eindhoven, la ville de Schiedam, n’a-t-elle pas demandé à Daan Roosegaarde, un des plus innovant artistes de l’éclairage actuels, de rendre féérique l’un de ses tunnels ?