(28 mai 2012) Si le politique n’est là que pour encadrer un objectif, comme nous l’indiquions dans notre contribution de la semaine dernière, un ministre ne doit jamais perdre de vue le cap de ses attributions. De ceux que vient d’hériter Cécile Duflot au ministère de l’Egalité des Territoires et du Logement, il y en a deux qui vont sans conteste ensemble : « Le Grand Paris et l’efficacité énergétique ».

Pourquoi? Tout simplement la volonté à l’horizon 2025 de muter l’Ile-de-France en région urbaine modèle au niveau mondial, doit nécessairement passer par la réussite d’une politique énergétique exemplaire. Si nous jettons un oeil sur l’évolution de l’énergie en Ile-de-France, on peut s’apercevoir que l’électricité, par exemple, a été un moteur essentiel de l’émancipation de la Région Capitale. En cela il y a eu deux périodes. Entre 1878 et jusqu’aux nationalisations de 1946, le département de la Seine avait réussi le « passage progressif d’une énergie de luxe à un bien de première necessité » (1).

Ainsi, la thèse d’Alain Beltran soutenu en 1996 avec pour titre « L’énergie électrique dans la région parisienne entre 1878 et 1946 » est très instructive. D’une manière étonnante elle nous apprend que c’est déjà la construction des réseaux ferrés, dans et autour de Paris, qui allait façonner le modèle de production de distribution et de consommation de l’électricité dans la région. Puis depuis 1946, c’est la gestion public (EDF) qui va façonner production et offre énergétique, avec une organisation particulière sur la constitution d’une « boucle » de 400 000 Volts, qui a un rôle comparable à la voie francilienne pour la circulation routière et alimenté par 9 grands postes de transformation autour de la capitale.

Alors que sera le défi du Grand Paris? On peut penser que les enjeux climatiques pointe nécessairement vers un avenir de l’Ile-de-France qui passe par une gestion logiciel de la région pour une efficacité énergétique optimale et en phase avec les réglementations européennes. D’un point de vue politique, le très attendu face-à-face entre André Santini qui préside depuis 2010 le conseil de surveillance de la Société du Grand Paris et sa nouvelle ministre de tutelle augure d’intéressants échanges.

Et contre toute attente, ils pourront s’entendre. Le maire d’issy-les-Moulineaux peut, contre toute attente proposer l’expérience Issy Grid dans sa ville d’Issy-les-Moulineaux, à une ministre en recherche de légitimité sur le dossier Grand Paris. Ne rêvons pas et si c’est le cas, dans 20 ans la région francilienne sera une exception française de l’efficacité énergétique.