(11 mai 2012) L’idée mérite qu’on s’y attarde. En janvier 2011, Alain Cadix, directeur de l’École nationale supérieure de création industrielle a publié dans Le Monde une ode au design en forme de requête : « Pour un secrétaire d’État chargé du design ». l’énergétique patron de l’ENSCI – Les Ateliers souhaitait à l’époque que son appel soit entendu pour mi-2012. C’est chose faite ici et on espère que pour la nomination ces jours-ci du 1er gouvernement sous la présidence de Hollande, l’idée soit au moins débattue.

A juste titre, Alain Cadix écrivait que le design, négligé dans notre pays et réduit au simple domaine de la décoration, peut être d’un grand apport en ces temps de crise économique endémique : «pour renouveler notre offre de produits et de services, à l’intention des ménages, des entreprises, des administrations, pour améliorer notre compétitivité hors coûts, pour regagner des parts de marché en France et hors de France, mais aussi pour améliorer la vie quotidienne des gens… », expliquait le directeur de l’ENSCI.

Ce dernier, peut être certain que si soutien il peut y avoir à son idée d’un secrétaire d’État au design en France, la filière des industries de l’énergie peut être une bonne supportrice. Pourquoi? Tout simplement, à la différence de nos voisins du nord de l’Europe, des pays de l’Asie et des États-Unis, on ne sent pas encore dans notre pays une symbiose forte entre l’activité du design et les industries énergétiques en mutation.

D’autant que durant le Grenelle de l’environnement, la question d’inscrire le design dans l’accompagnement des réglementations qui allait bouleverser le secteur énergétique n’a pas été posée. D’où cette interrogation sur la prise en compte d’une politique de la création industrielle dans le processus de la croissance verte. Une telle politique ne doit pas rester confinée uniquement dans les départements design des entreprises, mais être prise en compte dans toute la filière des industries de l’énergie.

Elle doit, par exemple, favoriser l’émergence d’un écosystème à la Française pour la conception des produits de basse consommation et d’infrastructures pour le Smart Grids et Smart Cities. Ainsi pour réussir, une politique du design de la croissance verte, doit être une priorité pour les syndicats et organismes représentatifsfsfs des entreprises concernées, alors que nous avons le sentiment pour le moment que seuls les distributeurs des équipements énergétiques s’investissaient dans le design de leurs offres (Socoda, Sonepar et Rexel...).

Les industries Allemandes ont bénéficié à la fin du XIXème et début du XXème siècle du génie de Peter Behrens qui a inventé le design industriel chez l’équipementier électrique AEG et la notion d’homogénéiser l’image des produits d’une même entreprise. Les USA sont devenus le pays du désir en informatique grâce à l’obsession du produit parfait de Steve Jobs, la France saura t-elle relever un nouveau défi dans le design comme les deux premiers.

Alain Cadix, à qui on souhaite un secrétaire d’État à son activité, avait bien écrit : « sans négliger la dimension tout aussi capitale de la technologie, où la France se laisse ici et là distance, notre modernité se jugera notamment à l’aune de notre aptitude à déployer le design dans toute notre économie.»