(11 février 2014) Elles ont pour prénoms, Christine et Anne…, elles expriment une même sensibilité à la convergence des forces énergétiques avec les possibilités du monde numérique. Chacune dans son secteur innove et se positionne en force de proposition. L’Américaine Christine Hertzog a confectionné un dictionnaire des smart grids, la Française Anne Lauvergeon, est la patronne rêvée de ses concitoyens.

Tout cela nous renvoie à l’époque de Marie Curie et de sa fille Irène Joliot-Curie. Des femmes qui nous ont sensibilisés à l’atome, au nucléaire. Il semble que ce soit Irène Joliot-Curie qui la première a indiqué l’emplacement du Saclay, puisque grande marcheuse dans ce territoire comme dans la forêt de Chevreuse.

Plus d’une soixantaine d’années après, on peut s’interroger sur le rôle des femmes dans la troisième révolution industrielle. Aux Etats-Unis, on peut dire que l’activiste Jeremy Rifkin fait de l’ombre à une grande dame des smart grids. Avec plus d’une vingtaine d’années d’expérience dans l’industrie des télécommunications, Christine Hertzog est en train de s’imposer mondialement, comme la pédagogue de référence au sujet de l’énergie intelligente. Alors que Jeremy Rifkin fait anti-chambre à Berlin, Bruxelles et dans les régions française telle Lille, Christine Hertzog est à la 5 édition de son dictionnaire consacré au smart girds, déjà une référence en Inde, et traduit en chinois.

La particularité de Christine Hertzog, c’est qu’elle héberge cette activité dans le cadre d’un portail désigné par Smart Grid Library, un espace qui lui permet une réactivité salutaire au sujet du moment. N’a-t-elle pas été une des premières à poser la problématique de l’achat de Nest, la start up du thermostat intelligent par Google, s’agissant évidemment de la récolte et de l’utilisation des données.

Penser à un dictionnaire, à une bibliothèque des smart grids, voilà une sensibilité de la pédagogie bien féminine, que bien des acteurs et pas des moindres de la filière énergétique, n’ont même pas intégré comme solution sociétale. Par ailleurs, Christine Hertzog semble se soucier du facteur diversité et expertise mondiale dans la convergence énergie et numérique. Elle est ouverte aux idées venant d’Asie, des Amériques comme de l’Europe. Son dictionnaire du smart girds n’a pas de frontière et les experts qui y ont participé viennent d’horizons divers (monde de l’entreprise, comme bureaux d’études, du conseil et universités…) au contraire des habitudes de la traditionnelle industrie de l’électricité.

Idem pour Anne Lauvergeon. Dans le baromètre qui vient d’être publié en France avec la question, « Qui est le patron idéal ? », elle a été choisie en deuxième position, ex-acquo avec le commerçant Edouard Leclerc, et juste derrière l’entrepreneur des télécoms Xavier Niel. Ainsi, offrir le podium de tête des patrons désirés en France à une énergéticienne, voilà qui offre à l’ex-dirigeante d’Areva plus de surface à intervenir dans le grand dossier de la transition énergétique, au titre de présidente de la Commission Innovation 2030. Et pourquoi pas la création d’une bibliothèque de l’énergie intelligente, à l’image de l’initiative américaine Smart Grids Library ?