(03 décembre 2013) L’amendement Batho, sur l’extinction de l’éclairage public la nuit, continu à peser lourdement sur une industrie de l’éclairage plus que centenaire qui connaît un bouleversement sans précédent. Celui du passage de la lampe incandescente (source sodium et fluo) à celle intelligente (Le LED). Ne faut-il pas recentrer la politique de l’éclairage sur son bastion naturel, Lyon et sa région?

La filière éclairage traverse une mauvaise passe. Car au moment où elle doit, étape par étape changer sur le marché de l’éclairage ampoule incandescente par un LED et muter son industrie vers la lumière numérisée, on lui impose depuis juillet dernier un décret. Celui d’éteindre la nuit les éclairages publics pour raison de développement durable et d’économie d’énergie. La filière de la lumière artificielle, ses chercheurs, ingénieurs, techniciens, commerciaux et architectes se retrouvent avec sur le dos l’Association Nationale pour la Protection du Ciel et de l’Environnement Nocturnes. Imaginez si lorsque les premiers avions de ligne à réaction se développaient en service commercial dans les années 50, on aurait posé la problématique de la pollution du ciel.

C’est pour cela que le décret Batho qui est rentré en application le 1er juillet dernier, pose problème. II ouvre un débat sur la protection environnementale face à la lumière artificielle, alors que cette dernière vit un moment de bouleversement historique et à tout point de vue, scientifique sociétal. Il semble qu’en terme de pédagogie, les représentants des métiers de l’éclairage ont manqué de persuasion et d’efficacité dans leur communication. On ne peut répondre à un décret qui apporte des changements profonds dans l’offre de lumière artificielle dans les villes et villages de France que par la simple diffusion de communiqués de presse. Comme si la filière de l’éclairage manquait de leadership pour incarner son excellence et sa place dans l’économie, la culture et la société française.

Que les environnementalistes défendent leurs idéaux sur l’offre d’éclairage public sur les territoires du pays, cela est légitime, mais qu’aucun débat n’a été offert aux professionnels de la lumière artificielle depuis juillet dernier et l’entrée en application du décret Batho, voilà qui est inquiétant pour un pays qui s’enorgueillie d’être la contrée la plus visitée au monde. C’est à ce titre, qu’on peut se poser la question s’il ne faudrait pas décréter la ville de Lyon et la région Rhône-Alpes, comme le berceau de la future politique française de l’éclairage.

Déjà avec son Cluster Lumière crée par la Chambre de commerce locale qui réunit la fine pleur des acteurs du métier et cela de la recherche scientifique avec le CEA-Leti aux multiples sous-flières du secteur, une vraie conscience de l’éclairage pourrait monter en puissance à partir de la capitale des Gaules. Une conscience de l’éclairage qui pourrait même rayonner à l’échelle de l’Europe, à commencer par la traditionnelle Fête des Lumières du 8 décembre à Lyon, collectivité qui, déjà depuis 2007, améliore constamment ses éclairages publics, par le recyclage chaque année, de 15.000 sources lumineuses issues de ses rues et artères. Soit 20 % du parc de la ville.

Est-il normal que là où est né Ampère, le père de la mesure de l’intensité du courant électrique, les actions d’éco-responsabilité et de recyclage menées lors des dernières éditions (depuis 2011) de la Fête des Lumières soient passées inaperçues?