Kate Raworth: l'économiste qui s'inspire du donut pour guérir Amsterdam du COVID 19

Economiste anglaise axée sur l’exploration des remèdes nécessaires pour relever les défis sociaux et écologiques du XXIe siècle, Kate Raworth est la créatrice du Donut des frontières sociales et planétaires. Elle est associée de recherche principale à l’Institut sur les changements environnementaux de l’Université d’Oxford, où elle enseigne, la maîtrise des changements et gestion de l’environnement. Elle est également professeur à l'Université des sciences appliquées d'Amsterdam. C'est dans cette dernière ville que la municipalité vient de décider de confier à Kate Raworth, l'élaboration d'un plan anti-COVID 19 pour remédier aux dégâts sociaux, culturels et économiques causés par la pandémie depuis mars dernier.

Grâce à sa thèse au nom de Donut Economics, Kate Raworth a gagné une renommée internationale, est devenue influente parmi les penseurs du développement durable, les entreprises progressistes et les militants politiques. Sa doctrine, elle l'a présenté à un public allant de l'Assemblée générale des Nations Unies au mouvement Occupy. Son livre, "Donut Economics: sept façons de penser comme un économiste du 21e siècle" a été publié en 2017 et a été traduit en 18 langues.

Amsterdam a décidé en avril dernier, d'élaborer un plan de relance contraire à la doctrine de la croissance. Ce plan s’inspire de "La théorie du donut" élaborée à Oxford par Kate Raworth. Il s’agit de transformer l’activité économique dans le but de répondre aux besoins fondamentaux des humains dans les limites des moyens de la planète. A l’opposé donc de la course au Produit Intérieur Brut (PIB).

Cette nouvelle approche holistique de la réduction d'échelle du Donut a commencé comme une collaboration conceptuelle ludique entre la penseuse du biomimétisme américaine Janine Benyus et Kate Raworth, alors qu'elles cherchaient à combiner l'essence de leur façons contrastées de penser les gens et le lieu.

Il est ensuite devenu une initiative collaborative, dirigée par Donut Economics Action Lab. Travaillant très étroitement avec d'autres collègues de Biomimicry 3.8, Circle Economy et C40 Cities, tous collaborant dans le cadre de la Thriving Cities Initiative, financée par la Fondation KR.

Les progrès dans l'action climatique et la durabilité pourraient être une victime importante de la crise du coronavirus COVID-19, selon un nouveau rapport du Forum économique mondial. Amsterdam adopte la soi-disante théorie du Donut de Kate Raworth, comme modèle économique qui envisage "un monde dans lequel les gens et la planète peuvent s'épanouir en équilibre".


Toronto: grandeur et décadence d'une politique de la ville intelligente

Les bureaux sont vides à Toronto. Juste trois mois après l'abandon du projet controversé, de quartier Smart City porté par Sidewalk Labs, la filiale de Google, dans la capitale économique canadienne, les locaux de bureaux de la société du moteur de recherche sont disponibles à la location. Une liste d'annonces en ligne montre que les deux étages du bâtiment de Lakeshore Boulevard East, occupés par la filiale de Google dont le siège est à Manhattan (New York), sont disponibles pour 35 dollars par m2 et par an, pour un total d'environ 155 000. Cela intervient un peu plus d'un mois après que Sidewalk Labs a déclaré à la presse canadienne qu'elle avait licencié environ 20 travailleurs, dont plusieurs au Canada, mais a souligné qu'elle n'abandonnait pas le pays et y garderait toujours du personnel. Le bâtiment Sidewalk avait permis à l'entreprise de montrer ses prototypes de trottoirs chauffés et éclairés et d'imperméables pour les bâtiments qu'elle espérait utiliser dans son projet de ville intelligente, qu'elle a annulée en mai. Ce fiasco, le premier retentissant dans le domaine en devenir de la Smart City, laissera certainement des traces. Mais, si Sidewalk a déjà trouver des projets ailleurs, comme celui d'une route pour voitures autonomes et connectés dans l'Etat du Michigan au USA, il est clair que la collectivité locale de Toronto, se trouve pénalisée par une perte de temps et de finances irrécupérables.

Dans une tribune dans les Echos du 3 août, l'architecte italien et spécialiste des smart cities, Carlo Ratti, essaye de trouver les arguments et les analyses pour expliquer qu'avant l'échec "Tout avait pourtant bien commencé pour ce quartier. Il était prévu qu'une friche industrielle soit transformée en laboratoire de la ville intelligente, avec robo-taxi ou collecteurs de déchets autonomes, optimisée par un ensemble de capteurs". Mais l'architecte italien est-il impartial dans cette affaire lorsqu'on sait qu'il a eu dans le passé, à mener des projets en partenariat avec Google.

Ainsi, Carlo Ratti doit comprendre que si la ville de Toronto et Google était des amoureux, la manière dont les couples se séparent en dit long sur la façon dont ils se sont occupés les uns des autres dans leur partenariat. Les divorces particulièrement enflammés signalent généralement des relations pleines de malentendus passionnés.

Mais comme l'a écrit mi-mai dans le journal canadien The Star, Juan-Luis Suarez, l'expert-enseigant de Western University "que pense-t-on d'une rupture où un parti (Google) range ses affaires et quitte la ville sans laisser de trace? On pourrait penser que les parties étaient attachées à la relation de manières très différentes; qu'ils avaient des rêves différents de ce que leur partenariat pourrait devenir".

Le laboratoire CulturePlex de Western University basé dans la ville de London non loin de la capitale canadienne dans l'Etat de l'Ontario, avait analysé toute la documentation produite par Sidewalk Labs et Waterfront Toronto (l'organisme représentant la collectivité locale) tout au long de leur partenariat. En utilisant des techniques d'IA, le laboratoire universitaire a pu établir que Sidewalk Labs et Waterfront Toronto promouvaient des visions de leur relation à des kilomètres l'un de l'autre.

Le premier objectif de Sidewalk Lab de ce partenariat était la construction et le développement, et en fin de compte, grâce à un "capital patient" faisant un beau profit dans un marché immobilier gonflé. Il semble que la filiale de Google n’ait pas été si «patiente», car début mai, ils ont abandonné de manière inattendue Waterfront Toronto au milieu de la crise du COVID-19.

Et Juan-Luis Suarez d'expliquer "nous devons nous rappeler que Google ne possède aucune compétence ni expérience particulière dans le domaine complexe du développement et de la planification urbains", avant de donner sa vérité "Il y avait des doutes et des soupçons persistants de la part de nombreux intervenants sociaux et économiques quant à savoir si réaliser suffisamment de profits (pour Google) serait compatible avec les objectifs de Waterfront Toronto en matière de logement abordable, d'inclusion socio-économique et de meilleure mobilité".


Rochester aux Etat-Unis: penser l'après COVID 19 grâce à l'industrie 4.0

Alors que la région de Rochester dans l'Etat de New York, veut au plus vite revitaliser son économie fragilisée par la crise sanitaire et que les habitants sans emploi recherchent de nouvelles opportunités, une étude récente du campus universitaire local, Monroe Community College, pourrait fournir une carte de la voie à suivre. Le Centre de recherche dédié au développement économique du collège, vient de publier une étude sur l’avenir de la main-d’œuvre locale. Une publication qui offre un aperçu des compétences susceptibles d’être demandées au cours des cinq prochaines années, car des technologies telles que l’intelligence artificielle et la réalité virtuelle transforment les activités techniques et peuvent être une opportunité pour relancer l'activité industrielle de Rochester. Une initiative astucieuse d'un point de vue pédagogique qui permet au Monroe Community College, d'adapter ses programmes de formation au futur besoin de l'industrie locale.

Basé sur la contribution de plus de 100 professionnels de l'industrie de 80 organisations de la région, située à plus de 300 miles au nord-ouest de New York, le rapport examine le rôle des technologies transformatrices dans les fonctions des employés-techniciens. Il examine quatre secteurs industriels: la fabrication et l'automatisation, les technologies de l'information, les soins de santé et les ressources humaines et les services professionnels.

"Il est important que les entreprises de notre région comprennent comment ces technologies intelligentes peuvent être utilisées à leur avantage et qu’elles aient accès à une main-d’œuvre compétente dans l’application et l’utilisation des technologies intelligentes dans l’environnement des affaires", affirme Todd Oldham, vice président du développement économique et de la main-d'œuvre et de l'enseignement technique professionnel au Monroe Community College.

Bien que l’étude ait été le résultat de discussions entre le collège et les acteurs économiques de la région de Rochester d'avant la crise sanitaire, l'équipe de chercheurs affirme que la crise des coronavirus accélère la quatrième révolution industrielle ainsi que la mise en œuvre par le collège de stratégies de développement de la main-d’œuvre en ce qui concerne l’éducation et la formation des futurs techniciens.

Ces résultats devraient guider les efforts des employeurs et du collège dans leur quête de combler les lacunes en matière de compétences et d’offrir de nouvelles possibilités à la main-d’œuvre régionale. Les chercheurs ont analysé comment les compétences de la main d’œuvre requise par les employeurs locaux, évoluaient en raison de l'adoption par les entreprises de technologies intelligentes telles que l'automatisation, l'intelligence artificielle et l'internet industriel des objets.

Cette étude est aussi l'opportunité grâce à ses résultats d'apprentissage d'adapter les programmes techniques aux besoins changeants des employeurs locaux qui cherchent à embaucher les diplômés du collège. Ainsi, l'établissement a estimé qu'il était important de convoquer une concertation plus large avec les membres de l'industrie pour aider à répondre aux questions sur les compétences spécifiques nécessaires dans le futur lieu de travail.

Une autre préoccupation est de savoir comment l'adoption de la technologie de l'Industrie 4.0, comme l'automatisation et l'intelligence artificielle, est susceptible de rendre certains rôles des employés de l'industrie obsolètes. Les responsables pédagogiques du collège veulent avoir une idée plus claire de la façon dont certaines activités techniques nécessiteront une mise à niveau des compétences pour éviter que le travailleur ne soit lésé en raison de diverses facteurs d'automatisation et d'IA.

Pour Todd Oldham, "étant donné que nous (le collège) nous formons à de nombreux postes, il était important d'inviter des participants représentant les secteurs des technologies de l'information, de la fabrication, des soins de santé et des services professionnels afin que nous puissions obtenir une compréhension intersectorielle plus globale".


Grégory Barrier, le vélo solaire comme passion

Orléanais, Grégory Barrier est directeur d'un bureau d'étude dédié aux énergies renouvelables. Cela tombe bien, car son amour de la bicyclette l'a amené à innover dans la mobilité écologique. Il a conçu un vélo avec panneau solaire à la capacité de transporter plusieurs personnes et jusqu'à 300 kilos dont des bagages. L'idée de cet ingénieur de 37 ans, père de deux enfants et habitants la localité Saint-Pryvé-Saint-Mesmin, située dans le sud-ouest de l'agglomération d'Orléans, c'est d'avoir un vélo écologique qui réponde aux besoins du quotidien. C'est à dire remplacer la voiture pour "aller chercher une cagette de légumes au marché, faire les courses du mois, aller à la déchèterie…". Une innovation qui mérite d'attirer les petites collectivités locales, dont les habitants utilisent la voiture, même pour des déplacements de 5 kms.

Adjudant-chef chez les pompiers, Grégory Barrier a une double qualité qui est inestimable lorsqu'un pays comme la France cherche a réussir sa transition énergétique. Grégory est à la fois bricoleur invétéré et un ingénieur diplômé en génie climatique qui lui permet d'innover comme il lui semble. C'est ainsi que le directeur de CEBI 45, le cabinet d'étude orléanais en énergies renouvelables a pu concevoir son vélo solaire qui le 23 juillet dernier a été présenté aux habitants de la ville de Jeanne d'Arc.

Loin de n'être qu'un simple loisir, cet outil révolutionnaire pourrait transporter plusieurs personnes à la fois, et être chargé de 300 kilos de marchandise. Pour Grégory Barrier, l'objectif est simple : remplacer la deuxième voiture dans chaque foyer, et limiter ainsi les émissions de gaz à effet de serre.

Composé d’une armature modulable sur laquelle l’utilisateur peut empiler des caisses de transport et des accessoires, ce tricycle a trois roues pour que la cargaison soit parfaitement stable. Grâce à cette structure adaptable, ce vélo dispose d'une capacité de transport équivalente à celle de deux deux chevaux.

Ingénieux, Grégory Barrier a également équipé son véhicule solaire d'un moteur de vélo électrique et de deux panneaux solaires permettant au conducteur de limiter ses efforts tout en utilisant de l'énergie propre. Disposant d'un siège conducteur, d'un siège passager et d'un ou deux sièges enfant, ce véhicule adaptable permettra donc aux familles de se déplacer grâce à l'énergie solaire, et à la force des jambes.
Pouvant rouler jusqu’à 40km/h, le vélo solaire devra respecter les limitations indiqués par le code de la route, soit 25km/h pour les bicyclettes. En plein été, les panneaux solaires permettront à ce tricycle de rouler jusqu’à 100 kilomètres.

L'ingénieur dont le projet est encore à l'état de prototype, pense pouvoir faire des adeptes dans les grandes villes de France, où les pistes cyclables se multiplient ces dernières années. Utile pour les trajets courts et moyens, ce vélo pourrait aussi permettre aux ruraux de rejoindre leur lieu de travail, ou de se déplacer d'une commune à l'autre.

"Aujourd'hui, 50% des trajets de moins de cinq kilomètres sont effectués en voiture dans les villes. Tous ces trajets là pourraient être totalement réalisés avec ce vélo", fini par convaincre ses interlocuteurs, Grégory Barrier.


Le marché des villes intelligentes et la "valeur" à l'heure de l'incertitude COVID 19

Les élus municipaux et intercommunaux viennent juste de prendre leur fonction dans un environnement de crise sanitaire majeur. Mais, Ils se trouvent déjà confrontés aux sollicitations des promoteurs de l'amélioration de la vie en ville, par l'apport du numérique dans les services aux citoyens. Après quelques semaines de tâtonnement, depuis le début de la pandémie COVID 19 en mars dernier, l'étude à l'échelle internationale de Capgemini et celle du cabinet américain BCC Research consacrées aux Smart Cities, mettent l'eau à la bouche des vendeurs de conseils et solutions pour l'optimisation des territoires et villes intelligentes. Cet optimisme ne cache pas une réalité majeure de la transition numérique des territoires. Celle de la confidentialité des données personnelles et de leurs valeurs à laquelle de plus en plus de citoyens y attachent une importance non-négociable. Reste aux maires et administrateurs territoriaux de trouver la bonne formule. Protéger les citoyens tout en dégageant de la "valeur" pour leur collectivité locale avec une gestion des mégadonnées intelligentes.

Réalisé auprès de 10000 habitants de 10 pays, la consultation de 300 élus et employés municipaux de 58 villes, l'étude de Capgemini ne laisse aucun doute lorsqu'elle affirme "...en moyenne, 40% des membres de la population urbaine dans le monde pourraient quitter leur ville en raison de divers désagréments, y compris des "frustrations numériques". A croire que l'étude du cabinet de conseil tombe à pic pour le marché de la transition numérique des territoires, alors même que l'incertitude dû au COVID 19, empêche encore les édiles à avoir un pilotage serein et à long terme de leurs collectivités locales.

Capgemini n'est pas seul à promouvoir la ville intelligente. Un autre cabinet spécialiste depuis 1971 de l'étude des marchés, l'américain BCC Research, vient de publier un rapport détaillé sur le domaine et il estime que le secteur mondial des industries numériques pour les villes intelligentes devrait atteindre 994,6 milliards de dollars d'ici 2023, contre 476,7 milliards de dollars en 2018, avec un taux de croissance annuel de 15,8% entre 2018 à 2023.

Au niveau international, l'Amérique du Nord continuera de dominer ce marché, bien que sa part de 43% du secteur devrait chuter d'un point en 2021. Omniprésence technologique, investissements avancés et modèles organisationnels dans des villes telles New York, Los Angeles et Chicago aux États-Unis et Toronto, Vancouver et Calgary au Canada, continueront ainsi de stimuler les investissements.

Concernant le marché d'européen où les gouvernements et collectivités locales encouragent l'adoption de la transition numérique pour les territoires, le Vieux Continent souhaite être le prochain leader de l'offre en matière de villes intelligentes. A mesure que le climat économique s'améliore, Bruxelles pense retrouver une place de choix dans l'offre mondiale de projets et bonnes pratiques dans le secteur.

Mais, il y a les sceptiques qui pensent que l'Europe a déjà perdu quatre mini-révolutions de l'informatique et il n'est pas certain qu’elle gagnera la bataille de la ville intelligente : la révolution PC a été sous-estimée dans les années 80, la révolution Internet dans les années 90, la révolution des plateformes dans les années 2000 - réseaux sociaux - et dans les années 2010, celle de la révolution du cloud.

La dernière chance pour l'Europe c'est les trois domaines qui sont "l'Internet des objets", la "5 G" et "Intelligence Artificielle", avec comme atout la puissance industrielle de l'Allemagne. C'est là que l'avenir de l'Europe en tant que cluster des territoires intelligents sera décidé pour les 100 prochaines années et elle doit y être. A moins que les pays de l'Union ne deviennent également dépendants d'autres régions de ses trois secteurs stratégiques pour la conception des villes intelligentes et ne soient éliminés finalement par les États-Unis et la Chine.

Ainsi, il est instructif de prendre la mesure des études qui sont publiées avec pour sujet les villes intelligentes. Il est plus important d'en avoir une lecture critique, car depuis le début de l'impact de la révolution numérique sur nos territoires européens, ce sont des acteurs qui se comptent sur les doigts d'une seule main qui ont su tirer profit des valeurs générées par la révolution numérique. Ils ont pour acronyme GAFA et opèrent de la même collectivité locale : La Silicon Valley.


Pays-Haut Val d’Alzette, une intercommunalité très smart

A cheval sur la Moselle et la Meurthe-et-Moselle dans la région du Grand-Est, cette communauté qui regroupe huit municipalités de près de 29000 habitants, a depuis longtemps décidée de tourner la page de l'industrie sidérurgique. Dès 2009, Pays-Haut Val d’Alzette a gagné le label Eco-Cité avec l'ouverture notamment d'un living lab. Il y a six ans, la communauté de communes a mis sur pied un plan Smart City, en forme de projet de territoire pour la décennie 2014/2024. Lancé en octobre 2018, ce dernier est réalisé dans un esprit privé/public, avec pour associée trois grands groupes, Suez, Capgemini et Bouygues, et plusieurs autres start-up. La communauté de communes du Pays-Haut Val d’Alzette est le premier territoire périurbain en France à concourir au statut de Smart City. Le projet repose sur l’exploitation de données publiques collectées à partir de capteurs ou fournies par les habitants, dans le but d’améliorer le cadre de vie. Il a pour nom Eclor.

C'est rare de voir en France dans une intercommunalité, lors d'une passation entre un président sortant et son successeur qu'un projet de smart city soit le dossier le plus important pour une communauté de communes. C'était le cas mi-juillet lorsque André Parthenay a cédé sa place à Patrick Risser, nouveau président du Pays-Haut Val d’Alzette, un territoire qui déjà utilise la terminologie "Territoire Intelligent".

Durant la mandature d'André Parthenay, l'intercommunalité et ses partenaires ont développé la plateforme ECLOR qui doit permettre de mettre en place des solutions concrètes, conçues pour faire face à des besoins du quotidien et produire des avantages partagés par le plus grand nombre.

L'ambition des élus du Pays-Haut Val d’Alzette est à partir d'ECLOR d'optimiser virtuellement presque la totalité de leur secteurs d'attributions, à l'exemple de la gestion des déchets, de l'éclairage publique, de la mobilité, du commerces de détail, de la sécurité, de la domotique, de la consommation d’eau et de l'électricité, de la qualité de l’air et de l’eau, de la culture, enfin, de l'accès à l’information.

Tout cela, "sur la base des connaissances apportées par les données, la plateforme ECLOR permettra de mettre en place des solutions concrètes, conçues pour faire face à des besoins du quotidien et produire des avantages partagés par le plus grand nombre. À terme, de nouvelles activités économiques ou publiques pourront être imaginées et adaptées grâce à ce système", confirme l’intercommunalité sur son site web dédié au projet.

ECLOR fonctionne comme un compteur numérique général du Pays-Haut Val d’Alzette qui collecte et traite les données publiques anonymisées. Ces données remontent au PC numérique de la communauté de communes, grâce à différents capteurs installés sur le pays, ou donnés par les habitants sur la base du volontariat. À partir de ces données, des solutions doivent être apportées afin de fluidifier le trafic, accélérer la collecte des déchets, optimiser l’éclairage public ou encore éviter le gaspillage d’eau.

Pour sensibilisé ses citoyens à ECLOR, l'intercommunalité a organisé des ateliers de concertation avec les habitants entre décembre 2018 et octobre 2019. Pour mettre sur pied un tel projet digne d'une métropole, c'est 1 million d'euros qu'il a fallu réunir dont 20% et à la charge du Pays-Haut Val d’Alzette. Le budget ECLOR a été complété à 80% par le Programme Investissement d'Avenir, la région Grand Est et le département de la Moselle.


Rossella Cardone, la dame du developpement durable par la 5G

Depuis 20 ans chez l'équipementier des réseaux suédois Ericsson, elle est devenue par la force des choses, la dame de la 5G en Italie. Mais, une 5G vu sous l’œil du développement durable au moment où ce réseau est décrié. Depuis deux semaines, Rossella Cardone suscite l'intérêt des professionnels des territoires en Europe qui intéressent aux aspects écologiques face à la monté en puissance des réseaux mobiles. Son projet "5G Port of the Future" pour la ville portuaire de Livourne en Toscane, a remporté le prix de l'efficacité énergétique industrielle lors des Hannover Messe Digital Days (14 et 15 juillet 2020) pour les résultats obtenus. C'est à dire en termes de durabilité, d'efficacité accrue et d'impact réduit environnemental des opérations logistiques du port de Livourne et cela grâce à la mise en œuvre de technologies telles que la 5G, l'Internet des objets, la réalité virtuelle, la réalité augmentée et l'intelligence artificielle.

Rossella Cardone a une maîtrise en mathématiques et une autre en probabilités et statistiques, et est certifié Project Management Institute (PMI). Ses diplômes, elle les a obtenu à l’université de Naples Frédéric II, principal campus de la capitale de la région de Campanie, et plus ancienne université laïque et d'État au monde. Università degli Studi di Napoli 'Federico II' a été fondée le 5 juin 1224 par l'empereur germanique et roi de Sicile Frédéric II.

Chez Ericsson, elle a été chef de produit et chef de projet total pour des projets internationaux de recherche, d'innovation et de lancement de produits de solutions IP de télécommunications à grande échelle. Elle a été responsable de la stratégie de partenariat d'Ericsson R & D en Italie, puis elle fut promu responsable de l'innovation, du développement durable et de la responsabilité d'entreprise pour les pays méditerranéens. En juillet 2017, elle fini par prendre la position de responsable du développement durable et de la responsabilité d'entreprise, Europe et Amérique latine.

C'est en 2016 qu'Ericsson, en collaboration avec le Consortium national interuniversitaire italien des télécommunications (CNIT) et l'Autorité du système portuaire de la mer Tyrrhénienne du Nord, décide d'exploiter l'un des principaux ports italiens comme banc de test, pour expérimenter la 5G avec une faible latence, une capacité élevée et une plus grande flexibilité peuvent augmenter l'efficacité opérationnelle et réduire considérablement les coûts et l'impact environnemental des escales portuaires.

Pour Rossella Cardone, "le projet pilote 5G Port of the Future a montré que la connectivité 5G peut faire évoluer les modèles commerciaux et opérationnels portuaires traditionnels, en obtenant un meilleur coût, des avantages et une plus grande durabilité d'un point de vue environnemental. La 5G et les technologies numériques rationalisent la manière dont les ports gèrent leurs processus et flux de fret en faveur de moyens plus écologiques. L'innovation et la technologie peuvent produire une valeur économique et une durabilité réelles".

Le prix au Hannover Messe Digital Days, confirme cette vocation de l'italienne depuis des années de développé un large éventail de compétences en innovation commerciale, partenariats, collecte de fonds, durabilité, marketing et technologie grâce à des missions en Europe et en Suède, toujours dans une perspective internationale.


L’Eau, défi majeur de l’Humanité durable

Par Xavier Drouet, fondateur de D-Fi Initiative & Innovation. Contribution déjà publiée sur https://www.educavox.fr/, le média des acteurs de l’école.

Avec l'Anthropocène, l'Humanité a profondément modifié le cycle de l'eau, par une croissance de son utilisation directe ou indirecte et par les effets délétères du dérèglement climatique. Le bouleversement de ce cycle vital s’est fait à une vitesse et à une échelle qui interpelle quant à la disponibilité future de cette ressource.

L’eau sur la Terre

Abondance et diversité, ainsi pourrait on qualifier la répartition et les usages de l’eau qui couvre 71 % de la surface du globe.

Précisément, ce sont 1360 millions de km³* d’eau qui « enveloppent »la planète, dont ils ne constituent qu’ un peu plus d’un millième de son volume (1/ 820). 97 % de cette eau est salée, et 2 % emprisonnée dans les glaces. C’est donc 1 % de l’eau terrestre qui est utilisée.

  • pour l’agriculture (70 %)
  • pour l’industrie (12 %, en comptant le secteur d l’énergie)
  • pour les usages domestiques (8%) en particulier et étancher la soif des hommes soient 21 milliards de litres par jour ce qui est très peu car cela représente 1 % de la quantité moyenne d’eau domestique consommée.

*1km3 = 1 milliard de litres

L'eau se recycle en permanence sur la surface du globe

Grâce au soleil 16 milliards de litre d’eau s'évaporent des océans chaque seconde. Cette vapeur circule ensuite dans l’atmosphère et finit par précipiter en eau douce sur la Terre sous différentes formes (pluie, neige, grêle, rosée, …) pour constituer les ressources d'eau douce renouvelables, superficielles et souterraines théoriquement disponibles pour des utilisations par l’homme à raison de 16 000 litres par personne par jour en moyenne.

Cette quantité peut sembler énorme mais il faut garder à l’esprit que l'eau douce est, en grande partie, difficilement accessible et qu’elle est inégalement répartie sur le globe : 9 pays se disposent de 60 % des ressources en eau douce (Brésil, Colombie, Russie, Inde, Canada, États-Unis, Indonésie, Congo, Chine), alors que des pays sont faiblement dotés en réserves (Bahrein, Emirats Arabes Unis, Gaza, la Jordanie, Koweït Libye, Malte, Singapour).

Quant aux quantités utilisées, elles varient de un à cent : les plus gros utilisateurs, Etats-Unis, prélèvent 1 800 litres par jour et par personne alors qu’au Mali la consommation individuelle quotidienne ne dépasse pas 20 litres par jour (tous usages confondus).

Bien que la planète disposera en permanence d’eau en grande quantité, l’eau potable devient plus rare et une grande partie de ses habitants ont un accès limité à cette ressource vitale : 11 % de la population mondiale, soit 844 millions d'individus, n'y a pas accès.

A l‘échelle moléculaire à comme à l’échelle planétaire l’eau a de singulières propriétés

Les caractéristiques physiques et chimiques de cet petit élément naturel composé de 3 atomes sont remarquables, comme son fabuleux pouvoir de dissolution d’autres éléments (solides, liquides ou gazeux), et sa grande sa capacité thermique.

A l’échelle de la planète les propriétés de l’eau contribuent à son équilibre dynamique pour le meilleur, aujourd'hui, et peut être pour le pire, demain.

- Absorption de la chaleur générée par les activités humaines, via l'effet de serre, qui est emmagasiné à 93 % par l’eau des océans. Ainsi 'augmentation de la température dans l'atmosphère est atténuée par un léger réchauffement des océans grâce à la capacité calorifique de l’eau. Cependant l’élévation de la température des océans diminue leur teneur en oxygène par diminution de sa solubilité. Tous les organismes vivant marins risquent d’en souffrir à commencer par le plancton.

- Stockage du CO2. Près de 30 % du dioxyde de carbone produit par les activités humaines depuis deux siècles ont été dissous par les océans qui continuent de capter environ 7 Gt CO2 chaque année. Le dioxyde de carbone est accumulé dans la couche supérieure de l'océan, ce qui l’acidifie. L’ abaissement du pH de 0,1 unité devrait encore baisser de 0,3 unité d’ici à la fin du siècle si les émissions de CO2 se poursuivent au même rythme qu’aujourd’hui. Cela a un «coût » : on observe déjà que plusieurs coraux et micro-algues calcifiantes ne peuvent pas s'acclimater à cette acidification qui menace aussi les organismes dont le squelette ou la coquille est formé de carbonate de calcium (huîtres, moules,…).

- Mouvements, dans la profondeur des mers la variabilité de la viscosité de l’eau en fonction de sa composition chimique et de sa température peut rendre deux masses d’eau non miscibles. Ce phénomène permet les grands courants océaniques qui règlent le climat planétaire.

- Érosion par dissolution lente des roches, par le ravinement des terres non couvertes et par l’effet des marées sur les côtes.

L’eau et la vie

Un petit micro-organisme ou un grand mammifère ne peut exister sans l’eau qui le constitue et celle qu’il utilise en permanence dans se maintenir en vie.

Si certaines bactéries résistent à la dessiccation et quelques végétaux survivent à des stress hydriques prolongés, il n’en est pas de même pour les autres espèces vivantes qui, sans eau, « meurent de soif » rapidement. Chez l’homme la privation d’eau provoque des troubles pathologiques en moins de 24 heures et la mort survient au bout de 2 à 3 jours.

L’eau et ses usages ont été déterminants pour l’histoire de l’Humanité.
Dès la Préhistoire, l’homme a recherché la proximité de points d’eau pour choisir l’implantation de son habitat et de ses activités.

L’augmentation de ses besoins a influencé l’évolution des installations et dispositifs pour la collecte, le transport, le stockage et l’évacuation de l’eau destinée aux usages domestiques.

Parallèlement à cette gestion de l’eau consommée au jour le jour, l’homme s’est aussi préoccupé de la maîtriser pour ses nombreuses autres propriétés : la production d’énergie (moulins), les cultures, agricoles (irrigation), la capacité de transport (navigation)…

Au delà de son simple usage l’eau est un des « constituant » majeur de notre civilisation qui lui ont des représentations diverses tant au niveau philosophique, culturel ou social.

L’eau est un des quatre éléments classiques mythiques avec le feu, la terre et l’air, et était vue par le philosophe Grec Empédocle comme l’élément de base de l’univers.

De la mythologie gréco-romaine aux religions actuelles, l’eau est présenté avec des propriétés aussi nombreuses que diverses voire contradictoires : destructrice, purificatrice, source de vie, guérisseuse, protectrice ou régénératrice.

Dans la symbolique occidentale, l’eau est associée à la purification, au renouveau.

Du symbole à la réalité il y a un fossé qui ne cesse de s’élargir.
De l’eau pour tout

La majeure partie de l’eau est utilisée pour l’agriculture et donc pour alimenter les Terriens, avec des ratio de « transformation » ou encore »empreinte en eau » très différents, pour exemples : 25 l pour produire 1 kg de salade, 600 l d’eau pour produire 1 kg de pommes de terre, 15000 litres pour un kg de viande de bœuf Ces chiffres impressionnants comptent toute l’eau utilisée directement ET indirectement pour la production. L’eau réellement prélevée est de l’ordre de 5 % de ces valeurs, le reste retourne à l’environnement.

D’après l’ONU, en 2050 il y aura 10 milliards d’habitants sur terre qu’il faudra nourrir. Cela signifie qu’il faut anticiper les risques à venir de tensions accrues sur les ressources d’eau au niveau mondial. En effet, pour répondre à la demande alimentaire, la production agricole devra augmenter de 50 %, voire plus, et nécessitera 4 500 km3 d’eau douce supplémentaire chaque année*. Par ailleurs les activités agricoles produisent des effluents qui ne sont pas totalement gérés, qu’il s’agisse fertilisants et/ou des produits phytosanitaires ou les nitrates issus des déjections des animaux d’élevage.

Avec l’augmentation des besoins, on assistera aussi à une inflation les coûts de mobilisation des ressources dus à une exploitation plus difficile et plus complexe. Certains des pays concernés par l’accroissement rapide de leurs besoins ont de faibles capacités financières qui brideront leurs possibilités d’y faire face et par suite limiteront leur développement.

Il apparaît clairement que la gestion des ressources en eau doit rapidement être plus rationnelle avec, notamment, un recours à des techniques d’irrigation plus efficientes et moins consommatrice en eau, le développement et l’implémentation de processus moins polluants et plus économes en eau limiter l’amplitude du surcoût.

Dans l’industrie, l’eau est principalement utilisée pour la fabrication et lavage, parmi les gros consommateurs on trouve l’industrie alimentaire, le secteur papetier, la production de vêtements…

On notera le cas particulier de la production d’électricité des centrales thermiques ou nucléaires qui utilisent l’eau pour le refroidissement avec un rejet quasi immédiat dans l’environnement, à une température plus élevée pouvant impacter les écosystèmes en aval. A cet égard on ne peut que se réjouir que les centrales mises en service depuis les années 1990 fonctionnent en circuit fermé.

Les activités de service sont également consommatrices d’eau notamment les entreprises des nouvelles technologies qui en ont besoin pour le refroidissement des data center. Chez les géants de l’internet, les quantités utilisées sont tellement énormes au point que les chiffres de la consommation sont confidentiels au prétexte du secret industriel. Sur la base d’informations communiquées lors de procédures juridiques on peut estimer qu’un data center de Google consomme 3 à 7 milliards de litres d’eau par an. Comme il y en a 21 dans le monde, cela fait une consommation de 100 milliards de litres par an en tout soit 5 fois la quantité d’eau de boisson pour toute la planète.

La consommation et les usages de l'eau domestique sont très variables selon les pays. Au delà des disparités d’accès et d'habitudes, il y a de vrais sujets :

  • sur la qualité d’eau utilisée : a t on besoin d’eau potable pour nettoyer les rues des villes à coup de jets puissants, pour arroser les jardins (publics ou privés) pour alimenter la chasse d’eau des toilettes…
  • sur la qualité des réseaux où les fuites fuites sont estimées à 20 % de l’eau qu’ils transportent
  • sur le traitement des eaux usées hors circuit d’assainissement collectif.

De l’eau saine toujours ?

Toutes ces activités de l'homme disséminent des quantités colossales de polluants chimiques ou biologiques par lessivage des sols par les eaux de pluie et les rejets dans les cours d’eau ce qui a inévitablement un impact en aval pour sur la qualité de l’eau « brute » contaminée par des nitrates, des métaux lourds, des micro-organismes.

Le droit à l’eau et à l’assainissement est un droit de l’Homme reconnu par l’ONU depuis 2010 qui, à ce titre, fait partie des droits économiques et sociaux qui doivent avoir un rôle majeur dans la protection de la santé de l‘homme et de l‘environnement.

Pourtant, en 2019 la Banque Mondiale alertait sur la quantité d’eaux usées déversées dans l’environnement sans traitement : 80 % en moyenne mondiale et jusque 95 % dans certains pays en voie de développement. A cause des insuffisances en assainissement, plus de 1,8 million de personnes meurent chaque année de maladies diarrhéiques.

L'Humanité a autant le besoin d’eau que de la « qualité » de l’eau.
Si à l’échelle planétaire l’Homme ne manquera jamais d’eau, l’eau potable va devenir plus rare, plus chère et plus inaccessible encore dans certaines régions du globe. Sans révision rapide significative de l’approche internationale de la gestion des ressources, près des deux tiers de la population mondiale pourraient subir des pénuries d’eau dès 2030 avec un creusement des inégalités d’accès à l’eau potable et une augmentation des besoins là où les ressources sont déjà faibles (Moyen-Orient, zones arides de l’Afrique…) ce qui est un facteur d’instabilité politique et d’aggravation des conflits.


Murcie et ses jardins intelligents

Il y a des endroits qui, tout au long de l'histoire, ont montré leur souci des ressources naturelles, soit pour leur rareté, soit pour les performances qui en découlent. Dans le cas de l'eau dans le sud-est espagnol, les deux circonstances vont de pair. La ville de Murcie, à 400 kms au sud-est de Madrid, poursuit cet héritage historique en numérisant la gestion de huit grands parcs municipaux et en incorporant des technologies qui améliorent la santé de ses arbres les plus rares. Murcie est plongée dans un profond processus de changement (la stratégie a été appelée "MiMurcia") qui implique la numérisation de la gestion des ressources et des services municipaux. Le cerveau de ce changement sera le Centre de surveillance unique (Ceus), où les opérations seront centralisées et la ville sera contrôlée de manière intégrée.

La municipalité de Murcie est fière de sa salle de contrôle (Ceus) qui sera connectée à la plateforme de la ville intelligente et unifiera la gestion des services et les systèmes de contrôle et de surveillance actuels, qui "permettront une gestion intelligente de la cité, en appliquant le modèle "intelligent" à la sphère publique et en réussissant à mettre les avancées technologiques au service des personnes, en améliorant leur qualité de vie et le service qu'elles reçoivent", affirme t'on à la mairie de Murcie.

La salle de contrôle aura 42 écrans muraux qui «montreront en temps réel les informations de plus de 300 nouveaux systèmes intelligents et des milliers de capteurs: connectivité Wi-Fi dans les places, parcs et jardins; panneaux d'information sur les places de parking gratuites; passages pour piétons intelligents; stations de surveillance environnementale pour mesurer la qualité de l'air, etc. Il unifiera toutes les caméras des systèmes de contrôle et de surveillance.

Dans le cadre de ce changement que connaît la ville de Murcie - qui, selon le dernier recensement, compte 447.182 habitants, chiffre qui en fait la septième ville la plus peuplée d'Espagne - une attention particulière a été accordée aux jardins municipaux. L'intention des élus locaux est de dupliquer les arbres de la ville, jusqu'à atteindre le chiffre de 200 000 plantes en 2030, objectif inscrit dans le Plan Foresta 2030.
Ce plan, présenté par le maire de Murcie, José Ballesta, coïncidant avec la célébration du Premier Jour de l'Arbre de Murcie, "marquera l'urbanisme environnemental et paysager au cours de la prochaine décennie". Comme l'ont rappelé des responsables de la municipalités, en milieu urbain, les arbres "atténuent les effets du changement climatique et réduisent le CO2; fournir de l'ombre; diminuer la température; ils favorisent la biodiversité; ils améliorent la santé et embellissent le paysage".

Les villes qui réussiront à l'avenir seront celles qui parviendront à un équilibre intelligent dans les différentes composantes de la trilogie urbaine suivante: compétitivité économique, cohésion sociale et durabilité environnementale, et Murcie a actuellement 4 millions de mètres carrés d'espaces verts et 116 000 arbres.

Au-delà de l'expansion de la zone boisée, l'introduction de solutions de télégestion sera l'un des axes de changement. Ainsi, dans huit grands jardins urbains, ils incorporeront un éclairage avec des capteurs de présence, pour lesquels 772 luminaires d'intensité réglable et avec des capteurs de présence seront installés, ce qui permettra d'économiser de l'énergie et de réduire la pollution, tout en offrant une plus grande sécurité pour les piétons.


On parle d'eux: Jacek Jaśkowiak, le maire de Poznan en Pologne

En pleine crise sanitaire et devant son ordinateur, le maire de Poznan a obtenu mi-juin pour sa cité de l'ouest du pays, le prix Smart City Award 2019. Cet évènement annuel qui récompense aussi, les villes polonaises de plus de 500.000 habitants pour leur politique numérique, a eu lieu sur une plateforme digital, le 15 et 16 juin, au regard des circonstances du COVID 19. A la tête de la municipalité de Poznan depuis 2014, Jacek Jaśkowiak, se voit primé pour avoir mené par petite touche, une politique numérique qui à croire les experts polonais est devenue exemplaire.

Cinquième ville de Pologne, Poznan est dôté de centres universitaires parmi les plus reconnus du pays et a un riche patrimoine culturel. Depuis sa prise de fonction de maire en 2014, Jacek Jaśkowiak, a d'abord consolidé le pôle industriel avec notamment le secteur des nouvelles technologies par la présence d'IBM et Microsoft. Puis, en 2017, l'arrivé de Michal Lakomski comme responsable du département Smart City de la ville, allait permettre la multiplication de projets qui aujourd'hui ont abouti aux succès de Poznan, dans l'amélioration de la vie de ses habitants dans le domaine des transports, des infrastructures, de l'énergie, de la gestion spatiale et environnementale.

Originaire de Poznań, Jacek Jaśkowiak, 56 ans, a étudié dans sa ville natale à la Faculté de droit et d'administration de l'Université Adam Mickiewicz et a terminé des études de troisième cycle dans des domaines tels que la comptabilité, les finances et les impôts. Il était également boursier de l'association GFPS-Polska en coopération avec l'Université allemande de Bielefeld. En tant qu'étudiant, Jaśkowiak appartenait à la Rural Youth Union.

Dans les années 1990, Jacek Jaśkowiak a acquis une expérience dans l'industrie du commerce, travaillant dans l'entreprise de Jan Kulczyk. Il a fondé sa propre entreprise en 1997, axé ses activités sur la comptabilité et le conseil aux entreprises étrangères. À partir de 2007, il a été président de la société "Jaśkowiak Sp.z o.o.". Il a également collaboré avec le célèbre poète et chanteur Jacek Kaczmarski, avec qui il était ami il a traité des problèmes de gestion liés à l'activité artistique de Kaczmarski.

Jacek Jaśkowiak est apparu sur la scène politique en 2010, se présentant en vain, aux élections municipales à Poznań. Il a réussi lors de la prochaine élection de 2014, lorsqu'il s'est porté candidat à la liste de la plate-forme civique, qu'il a rejoint l'année précédente. Lors de cette élection, Jacek Jaśkowiak a battu son concurrent Ryszard Grobelny. Il fut réelu en 2018 au nom de la Civic Coalition. Les rivaux de Jaśkowiak lors de cette dernière élection étaient au nombre de six.

Jacek Jaśkowiak est activement impliqué dans l'activité publique depuis 2008, lorsque ses déclarations ont été publiées dans Głos Wielkopolski et Gazeta Wyborcza. Tout en occupant le poste de maire (2014-2018), Jacek Jaśkowiak a participé à l'organisation des marches annuelles de l'égalité. Militant du monde du sport, lui-même passionné par diverses activités, dont le ski de fond (il a participé aux marathons Vase Run et Worldloppe). Ses activités dans cette discipline ont permis l'organisation de la Coupe du monde de ski de fond à Szklarska Poręba en 2012 et 2014. Jaśkowiak appartient à la Commission de la Fédération mondiale de ski (FIS) pour la Coupe du monde de ski de fond.

Ces dernière années, Jacek Jaśkowiak a lancé plusieurs initiatives dans le domaine de la ville intelligente. Ainsi, Poznań a acquis 21 bus électriques modernes et respectueux de l'environnement et elle est en train d'acquérir 37 autres autobus de ce type. La qualité de l'air à Poznan est également surveillée de manière intelligente - avec des drones. Cette solution fait partie d'un projet financé exlusivement par le budget municipal. En outre, Poznań a mis en œuvre le programme Kawka BIS, qui vise à réduire les émissions de polluants résultant de la combustion de combustibles solides.

A Poznan, les habitants peuvent demander un cofinancement pour le changement des fours et chaudières ainsi que de remplacer le système de leur chauffage au gaz et électrique, par des installations solaires. Jusqu'à présent, la ville a alloué 14 millions d'euros pour mettre en œuvre ce programme. L'approvisionnement en chaleur des équipements publics municipaux est également optimisé, le programme pilote étant réalisé dans 6 écoles de Poznań. La ville s'occupe également des abeilles en ouvrant des ruchers urbains.