L’Université de Maribor en Slovénie et son centre Smart Cities

L’Université de Maribor, à l’est de la Slovénie, va lancer un centre pour les villes et les collectivités intelligentes, une plate-forme mettant en réseau les chercheurs, le secteur privé et les collectivités locales, qui s’efforcent de développer et d’adopter des solutions de haute technologie pour une gestion urbaine plus efficace.

« Les connaissances éparses de l’université sur les questions urbaines seront intégrées et organisées dans un nouveau programme », ont expliqué les responsables de l’université. Ils estiment que la nouvelle plateforme pourrait également aider les administrations des villes et les entreprises qui développent des dispositifs et des services liés à la transition énergétique et numérique des territoires urbains, plaçant l’université à la pointe du développement durable des villes, en particulier à l’est de la Slovénie.

Alors que la gestion urbaine intelligente est devenue un défi de société déjà reconnu par de nombreuses collectivités locales développées, l’université de Maribor a souligné que le concept de ville intelligente incluait tous les aspects essentiels de la gestion d’une cité.

Celles-ci incluent la sécurité, la gestion des transports, la logistique, l’aménagement du territoire durable, l’approvisionnement en eau et en énergie, les services postaux, la gestion des déchets et l’approvisionnement alimentaire local.

L’objectif principal de cette initiative est de développer un cadre technologique pour les villes intelligentes (création de plateforme et une smart city pilote à Maribor), qui exploitera les nouvelles technologies (TIC et sociales) afin d’accroître le potentiel et l’attractivité d’une ville dans le respect de l’environnement.

L’université a l’ambition de créer de nouvelles opportunités commerciales pour les acteurs publics et privés ainsi que des avantages pour les utilisateurs finaux (citoyens, touristes et visiteurs). Afin de répondre aux objectifs et aux défis spécifiés du modèle d’information urbaine, le consortium prévoit de « mener des activités de recherche et développement technologique sur des solutions cloud appuyées par de grandes données ouvertes dans les domaines suivants: énergie, infrastructure, bâtiments, mobilité, santé, éducation, gouvernance et sécurité ».


Esteban Moro : le souci de la ségrégation urbaine dans la Smart City

Le chercheur espagnol originaire de Salamanque, s’impose aujourd’hui comme une des stars de la Smart Cities dans le monde avec son Atlas interactif des inégalités, de la ville de Boston.

Esteban Moro qui a rejoint le Media Lab du MIT Media Lab du Massachusetts Institute of Technology (MIT) en 2016, vient de réaliser avec son équipe un « Atlas of Inequality » de la ville de Boston, une carte numérique qui mesure les inégalités de la population de la ville suivant sa fréquentation des lieux publics ou du commerce et non pas le lieu d’habitation.

L'atlas des inégalités montre ceux des revenus des personnes qui visitent différents endroits de la région métropolitaine de Boston. Il utilise des données de localisation anonymes agrégées provenant d'appareils numériques pour estimer les revenus des utilisateurs et leur emploi du temps. À l'aide de ces données, il établi une mesure des différences sociales des lieux pour saisir l'inégalité des revenus des visiteurs des lieux.

Projet réalisé avec le groupe Human Dynamics du MIT Media Lab et du département de mathématiques de l'Université Carlos III de Madrid, il s’agit d’une initiative plus large visant à comprendre le comportement humain dans les villes et à comprendre en quoi des problèmes de grande envergure tels que les transports, le logement, la ségrégation ou les inégalités dépendent en partie des tendances émergentes en matière de possibilités et de choix individuels.

Chercheur, informaticien et professeur au MIT MediaLab et à l’Universidad Carlos III (UC3M) en Espagne, Esteban Moro a travaillé auparavant à l'Université d'Oxford. Titulaire d’un doctorat en physique et membre affilié de l’Institut conjoint UC3M-Santander sur le Big Data et de l’Institut des sciences mathématiques (Espagne), il a publié de nombreux ouvrages tout au long de sa carrière (plus de 60 articles) et dirigé de nombreux projets financés par des agences gouvernementales et des entreprises privées. Il a également servi de jury dans de nombreux défis liés à la science des données et au Big Data.

Le travail d’Esteban Moro se situe à l'intersection du big data et des sciences sociales informatiques, avec une attention particulière pour la dynamique humaine, l'intelligence collective, les réseaux sociaux et la mobilité urbaine, dans des domaines tels que le marketing viral, la gestion des catastrophes naturelles ou la ségrégation économique en ville.

En plus de sa carrière universitaire, Esteban Moro a travaillé en étroite collaboration avec un géant du web comme Twitter, opérateur tel Telefónica ou groupe bancaire BBVA pour utiliser des ensembles de données volumineux afin de comprendre des problèmes tels que la façon dont les êtres humains communiquent, comment l'opinion politique se propage dans les réseaux sociaux ou la création d'indices alternatifs du bien-être. Esteban Moro a reçu de nombreux prix pour ses recherches, notamment le «Shared University Award» d'IBM en 2007 pour ses travaux sur la modélisation du marketing viral dans les réseaux sociaux et les prix «Excellence in Research» décernés en 2013 et 2015 par UC3M.


L'intercommunalité en Europe selon une expertise ukrainienne

Crée il y a plus de 10 ans, prostir.ua est un portail des espaces publics et une plateforme Web multifonctionnelle ukrainienne pour le développement de la société civile. Dans cette étude réalisée par des experts ukrainiens avec le soutien du programme européen U-LEAD, une analyse pertinente du rôle de l'intercommunalité dans les pays du Vieux Continent, notamment la relation entre territoire rural et urbain.

Le partenariat rural-urbain au sens moderne, tel que défini par l’Organisation de coopération et de développement économiques, est un système qui fonctionne là où les zones rurales et urbaines coexistent et sont interconnectées par un ou plusieurs liens fonctionnels (par exemple, les communications, les chaînes TV, création de valeur ajoutée, démographique, ressources naturelles, etc.). L’idée principale de cette coopération est d’engager des territoires fonctionnels, des unités administratives ou leurs parties en relation avec des points d’interaction économique, social, environnemental, infrastructurel, des intérêts ou une participation à des chaînes coopératives, logistiques et autres.

En d'autres termes, le facteur d'amélioration de la prospérité et de la fonctionnalité des territoires au cours de l'organisation de la coopération entre eux est important, ce qui est conforme aux dispositions de la politique européenne de rapprochement moderne (politique de cohésion).

Le développement de la coopération entre les zones urbaines et rurales dans les pays de l'UE est l'un des types de coopération interterritoriale et intercommunale et est activement stimulé aux niveaux local, régional, national et transnational, car il contribue à réduire les disproportions du développement socio-économique des collectivités territoriales, en particulier dans le contexte du "centre-périphérie". qui est l'un des objectifs de la politique régionale européenne de rapprochement à l'horizon 2021-2027.

L'histoire du développement municipal local en Europe est assez ancienne et se caractérise par l'accumulation d'une expérience significative sous la forme de méthodes, d'outils, de meilleures pratiques et d'exemples de coopération. Des autorités locales reconnues comme constitutives sont devenues des autorités dans la plupart des pays d'Europe occidentale depuis le début du XIXe siècle (en Suisse - à partir de 1803, en Belgique et en France - à partir de 1831, au Danemark et en Norvège - à partir de 1837) ., aux Pays-Bas (1848), en Suède (1862), en Finlande (1865)). Dans d'autres pays européens - à partir de la seconde moitié du 20e siècle: Italie (1948), Allemagne (1949), Portugal (1976), Espagne (1978).

Les autorités locales ont commencé à participer activement à la coopération intercommunale, y compris dans le format "zones urbaines / rurales", afin de s'attaquer conjointement aux problèmes complexes du développement socio-économique de leurs territoires.

La coopération intercommunale en Europe est une stratégie reconnue comme un moyen pour les gouvernements locaux d’atteindre un niveau de développement des territoires approprié et de fournir des services de meilleure qualité, dans un contexte de besoins sans cesse croissants, de l’impact des défis du marché et de la demande publique.

On pense que la coopération entre les municipalités est presque aussi ancienne que les municipalités elles-mêmes. En France, les premiers conseils mis en place par les autorités locales pour gérer les services communaux remontent à la fin du XIXe siècle, tandis qu'aux Pays-Bas, en 1851, le droit interne contenait déjà des dispositions relatives à la coopération entre municipalités et territoires adjacents.

En 1985, la Charte européenne de l'autonomie locale a défini les principes et règles de base pour le processus de gouvernance des municipalités. Au XXIe siècle, les gouvernements locaux coopèrent de plus en plus étroitement, en particulier à l'ère de l'intégration européenne. Certains spécialistes estiment que la coopération intercommunale est un phénomène répandu dans les pays d'Europe occidentale. Cependant, il convient de noter que dans les pays développés non européens (par exemple, le Canada et les États-Unis), la coopération intercommunale sous diverses formes se développe également activement.

Dans les pays occidentaux et les autres pays développés, l’un des principaux objectifs de la politique régionale est d’assurer le développement durable des territoires et de surmonter les déséquilibres qui se font particulièrement sentir lorsque l’on considère le niveau de développement socio-économique des communautés urbaines et des communautés rurales adjacentes.

L'essence de cette coopération est conforme aux domaines clés de la politique européenne globale de développement régional et est exposée dans un acte adopté par le Parlement européen en 2010 - RURBAN (partenariat pour un développement urbain et rural durable), qui stipule que les activités de développement de la coopération entre les zones urbaines et les zones rurales est préparatoire et devrait constituer la base d'un développement territorial socio-économique moins disproportionné. Ces actions préparatoires visent à:

analyse de la pratique de la coopération territoriale des grandes et petites villes avec les territoires ruraux;

réalisation d'une meilleure coopération entre ceux qui développent et mettent en œuvre des initiatives de coopération des zones urbaines et rurales;

développement de la gestion territoriale à plusieurs niveaux;

réaliser une croissance économique et sociale grâce à une meilleure coopération entre les zones urbaines et les zones rurales;

identification du rôle potentiel du partenariat urbain-rural pour accroître la compétitivité et la gouvernance régionale;

déterminer comment les fonds de l'UE (via le Fonds européen de développement régional et le Fonds européen agricole pour le développement rural ) peuvent être utilisés pour soutenir la coopération entre zones urbaines et zones rurales.

L’idée de la rurbanisation est essentiellement d’organiser la coopération entre zones urbaines et rurales sur la base d’une coopération mutuellement bénéfique, de la répartition des compétences, de l’utilisation des avantages existants pour rapprocher les zones rurales des sources de concentration de l’innovation, du capital social et financier, des investissements, des infrastructures sociales et de transport, les zones urbaines, ainsi que l’implication plus active des ressources des zones rurales riches dans les processus de production sociale.


L’homme à la conquête de l’espace : une aventure éternelle ?

Xavier Drouet, fondateur de D-Fi Initiative & Innovation. Contribution déjà publiée sur https://www.educavox.fr/, le média des acteurs de l’école.

De tout temps l’homme a été fasciné par le ciel et les astres qui le peuplent et s’interroge sur sa place dans l’Univers. Depuis quelques dizaines d’années l’exploration méthodique du cosmos a rapporté une masse impressionnante de connaissances et d’innombrables innovations dont beaucoup ont des applications sur la Terre.

Alors que nous apprêtons à célébrer le cinquantième anniversaire de la visite d’une autre planète par un être humain, la lune, voyageons dans le temps pour apprécier le chemin parcouru et imaginer le futur.

De l’Imaginaire à la réalité

Bien qu’il soit difficile de dater l’apparition de croyances des hommes relatives à la voûte céleste, les premières divinités à faire l’objet de cultes sont apparues à l’époque paléolithique, vers 20 000 avant J-C. La plus ancienne est probablement la Déesse-mère, apparue sous la forme de statues. Les premiers monuments dressés vers le ciel par l’homme préhistorique sont des menhirs, vers 8 500 av. J.-C. Ce sont probablement des lieux de culte dédiés au Soleil ou à la Lune. A des degrés divers Égyptiens, Hébreux, Chinois, Hindous, Grecs et Mayas font référence aux Soleil et à la Lune dans leurs pratiques religieuses.

Au jour le jour, l'observation du ciel permet le repérage spatial ou temporel et l’organisation des activités humaines. Ainsi les premiers agriculteurs égyptiens ont noté que quelques jours avant la crue du Nil, l'étoile Sirius se levait en même temps que le Soleil ("lever héliaque"). Les civilisations de l'antiquité méditerranéenne ont cherché à guider leurs activités d'après les mouvements des astres, en particulier la Lune, et des variations annuelles de la lumière du jour pour choisir les périodes les plus propices pour la culture et l'élevage, la navigation, la vie en général.

L’astronomie, la plus ancienne des sciences, a d’abord consisté observer et prédire le mouvement des objets célestes visibles à l'œil nu il y a 5000 ans. Elle se développera grâce aux progrès des mathématiques depuis l'antiquité grecque et avec l'invention d'instruments d'observation à la Renaissance. Pendant des millénaires, l'astronomie associée à l'astrologie, la distinction entre la science et l’art divinatoire n'interviendra qu'au siècle des Lumières.

De mémoire d’homme les premières descriptions du voyage spatial, attribuées au grec Lucien de Samosate datent du IIème siècle) : Histoire véritable, où le personnage voyage sur la Lune. D’autres récits imaginaires suivront tels les écrits de l'Arioste, Cyrano de Bergerac, Fontenelle, Voltaire, Restif de La Bretonne …

À partir du XIXème siècle, la technique accompagne l'imagination : l’astronomie dans « de la Terre à la Lune » de Jules Verne (1865), la station orbitale dans « la lune de brique » d’Edward Everett Hale (1869), la voile solaire dans « Le soleil et les petites planètes » de Georges Le Faure et Henry de Graffigny (1889), la propulsion ionique proposée en 1920 par Franz Abdon Ulinski...

Le premier pas sur la Lune doit nous rappeler aussi les premiers exploits qui l’ont rendu possible et les innombrables innovations issues de cette épopée qui font maintenant partie de notre quotidien
Prosaïquement l’histoire a commencé par l’invention d’engins permettant à l’homme de s’élever dans le ciel. Cela se fera pour le première fois grâce au ballon des frères Montgolfier le 19 octobre 1783.

Au début du XXème siècle débute le développement dans un but pacifique de fusées pour voyages interplanétaires, la technique progresse avec la réalisation du premier moteur à propergols liquides et de la première fusée à étages notamment. Ce sont finalement les militaires qui contribueront le plus au développement des fusées grâce au financement d’applications telles que les roquettes, les systèmes d'assistance au décollage des avions, les avions-fusées et les missiles à longue portée. Le V2 (Vergeltungswaffe 2 : « arme de représailles »), développée par l'Allemagne nazie, est la première grosse fusée (13 tonnes) qui pouvait emporter une charge (explosive) de 800 kg à une distance de 300 kilomètres.

La conquête de l'espace

Elle a rapidement pris son essor après la fin de la deuxième guerre mondiale. Elle a été marquée à ses débuts par la « Course à l’Espace » entre les États-Unis et l'URSS dans le contexte tendu de la guerre froide. De cette période on retiendra trois événements majeurs : le premier vol spatial orbital de l'Histoire le 4 octobre 1957 par le satellite soviétique Spoutnik 1, le premier vol habité par un être humain le 12 avril 1961 avec le vol orbital du Soviétique Youri Gagarine et enfin le premier pas sur la Lune le 20 juillet 1969 par l'astronaute Neil Armstrong.

Après ces missions célèbres, d’autres programmes ont été organisés avec pour objectif l’étude des planètes du système solaire et du soleil, l'observation d'étoiles plus lointaines, ainsi que l’envoi d'hommes dans l'espace pour de longues durées :
de nombreuses sondes ont été envoyées comme Galileo à destination de Jupiter (1989), Cassini vers Saturne (1989), Voyager2 autour de Neptune (1989), Huygens vers Saturne (1997), Mars Express (2003), Venus Express (2005) ou New Horizons qui est passée à proximité de Pluton en 2015
La navette spatiale américaine , inaugurée en 1981, a été le premier engin de capable d'emmener de gros satellites en orbite basse et, au besoin, de les rapporter sur la Terre.

Le programme Mir, station permettant de loger jusqu'à six hommes d'équipage pendant plusieurs mois dans l'espace, fut lancée en 1986, puis détruite en 2001. Après l’effondrement de l’URSS et grâce à des collaborations internationales cette station a accueilli des astronautes nord-américains, européens, japonais et d'autres pays comme l'Inde ou la Slovaquie.

Le télescope spatial Hubble, un télescope en orbite à environ 600 km d'altitude, a été lancé en 1990 par une navette spatiale de la NASA. Les données qui y ont été collectées ont contribué à des découvertes importantes dans le domaine de l'astrophysique, telles que la mesure du taux d'expansion de l'Univers.

La Station spatiale internationale (International Space Station, ISS) construite et assemblée à partir de 1998, en collaboration entre plusieurs pays : Etats-Unis, Russie, Union Européenne, Japon, Canada, est en orbite autour de la Terre à une altitude d'environ 386 km. Son équipage international se consacre à la recherche scientifique dans l'environnement spatial.

Depuis les premières expéditions dans l'espace, cette forme d'aventure extrême séduit les plus fortunés. A partir de 2001 certains ont pu réaliser ce rêve qui coûte de 250 000 dollars à 20 millions de dollars selon qu’il s’agit d’un vol suborbital de quelques minutes ou un séjour orbital en station qui nécessite un très long entraînement.

L’espace à tout faire, l’espace pour tous ?

Depuis le temps des pionniers le « club » des pays lanceurs de satellites s’est agrandi et compte maintenant treize pays : Union Soviétique (Russie), Etats Unis, France, Japon, Chine, Royaume Uni, Europe, Inde, Israël, Iran, Corée du Nord, Corée du Sud, Nouvelle Zélande.
Le nombre de pays investissant dans l'espace est en croissance continue, avec près de 80 acteurs. Les opérateurs de satellites sont au nombre de 20 et au printemps 2019 l’Union Africaine a lancé la création d’une agence pour coordonner la stratégie spatiale du continent.
On rappellera ici que les grandes puissances mondiales (EU, France, Russie, Chine, Inde …) disposent d’une armada de satellites militaires dédiés à la reconnaissance et à la surveillance, à l’écoute électronique et à l’alerte.

D’après l’UCS (Union of Concerned Scientists), 2.063 satellites opérationnels étaient en orbite autour de la Terre le 1er avril 2019. La rythme des lancements s’est accéléré au cours des dernières années, 378 satellites lancés en 2017 et 375 satellites en 2018. La majeure partie de ces satellites en orbite terrestre, est dédiée à l'observation de la Terre (étude du climat, des précipitations, surveillance…) et aux services de communication avec respectivement 788 et 773 unités soit plus des trois quarts du total. Viennent ensuite les satellites à but scientifique et/ou technologique dans la communication ou la défense (263) et ceux utilisés pour la navigation globale ou régionale (138). On trouve aussi des projets insolites, comme des œuvres d'art ou des start'ups proposant d'envoyer vos cendres dans le ciel à votre mort.

Revers de la médaille, l’espace autour de la Terre est devenue une décharge dans laquelle circulent 700 000 débris dont certains se déplacent à 28 000 km/h.

Les technologies de l’espace ont changé notre vie

Les recherches académiques menées dans l’espace sont nombreuses parmi lesquelles on peut citer :
Dans les sciences de la vie, l’étude des mécanismes de reproduction, de croissance et d'adaptation en microgravité, la mesure de l'influence du rayonnement sur les tissus vivants, la purification ou la production de macromolécules (protéine, ADN) à des fins médicales
En chimie des matériaux, la solidification dirigée de métaux ou d'alliages, l’élaboration de semi-conducteurs, la production de verres et céramiques homogènes, la fabrications de films minces très purs...

Depuis leur orbite, les satellites observent la Terre. Ils peuvent caractériser l’état des océans (hauteur, température, couleur…), mesurer l'épaisseur de la banquise et des calottes des pôles Nord et Sud détecter et suivre les pollutions, contrôler la déforestation… Ils peuvent aussi localiser des ressources naturelles (eau, pétrole…).

L’agriculture bénéficie des performances des différentes caméras élaborées pour explorer la composition des corps céleste lointains qui servent aussi à déterminer les besoins des plantes (eau, fertilisants, …).

Ces observations sont suffisamment fines pour que les agriculteurs sache quelle zone d’une parcelle a besoin d’attention et d’intervention.

L’observation et les mesures satellitaires des déplacements des masses d’air sont indispensables pour faire prévisions météorologiques fiables.

Les satellites météo permettent de prédire la météo avec suffisamment de précision pour permettre d’organiser de nombreuses activités et plus particulièrement les mesures préventives ou les secours lors des ouragans, de signaler les situations favorisant les départs d’incendie voire les conditions propices au développement d’insectes nuisibles.

le GPS (Global Positioning System) qui nous permet tant de nous orienter, fonctionne grâce aux satellites placés en orbites. Par le calcul de la distance qui sépare un récepteur GPS de plusieurs satellites et avec ces données il détermine ses coordonnées en tout point de la surface de la Terre.

Initialement développés pour pour les communications téléphoniques longue distance quand seuls les câbles sous-marins le permettaient, les satellites de télécommunications permettent aussi la diffusion de chaînes de télévision et la transmission des données numériques.

Sans l’exploration spatiale nous n’aurions pas un smartphone dans notre poche ou un ordinateurs dans notre sac. Des langages de programmation informatique ont été inventés pour être traduits avec des cartes perforées utilisées avec les premiers ordinateurs. Les astronautes ont fabriqué dans les navettes spatiale ou dans la Station spatiale internationales des composants électroniques qui ne pouvaient être produits que dans l’espace. De plus, la nécessité de réduire le poids embarqué à bord des fusées a largement contribué à la miniaturisation des composants, ainsi qu’à l’invention des microprocesseurs et des ordinateurs modernes.
- Les capteurs photographiques CCD utilisés dans la plupart des appareils photos, webcams et téléphones portables qui convertissent le rayonnement en valeur numérique, étaient à l’origine développé pour l’astronomie.
- Les systèmes d’information et de données d’observation de la Terre de la NASA enregistrent et archivent quotidiennement un grand nombre de données dont le cumul se mesure en Pétaoctets (millions de Gigaoctets). Pour faciliter le traitement de données aussi volumineuses, la NASA a développé un logiciel capable de gérer un grand nombre d’informations.

Les fournisseurs d’accès informatiques, des hôpitaux, des entreprises, utilisent la même technologie pour conserver et traiter leurs informations.

Grâce aux matériaux composites et aux alliages spéciaux développés pour et par les missions spatiales, il a été possible de créer de nouveaux matériaux à la fois plus légers et plus résistants utilisés pour la fabrication des avions, des prothèses médicales...
les panneaux solaires que nous connaissons sont apparus pour fournir une source d’électricité durable aux satellites envoyés dans l’espace.

Les airbags, coussins instantanément gonflés suite à un choc furent conçus afin d’amortir la chute des sondes spatiales à leur atterrissage.

Les pneus des voitures utilisent la fibre souple et résistante inventée pour le parachute de Viking sur Mars qui en allonge la durée de vie.

Le détecteur de fumée a été développé pour le compte de la NASA pour éviter un départ de feu dans l’espace. La première installation équipée de cet appareil capable de repérer des émissions de fumée fût Skylab.

Un ingénieux matériau, le mylar, utilisé pour concevoir les couvertures de survie, a été créé par la NASA pour l'isolation des satellites, navettes, ou combinaisons spatiales, afin de les protéger de la lumière du soleil et d’éviter la surchauffe des instrument et des hommes.

Les outils sans fil ont été mis au point par la société Black & Decker suite à une demande de la NASA qui lui a commandé une perceuse électrique suffisamment puissante et peu gourmande en énergie pour percer le sol lunaire.

En médecine les transferts de technologie sont très nombreux et l’on peut citer le traitement du diabète : les pompes à insuline actuelles s’inspirent d’une mécanique présente dans le laboratoire biologique du vaisseau spatial Viking qui a exploré la surface de Mars;
la minuscule pompe d’assistance ventriculaire, utilisée dans les cœurs artificiels, est dérivée des pompes à carburant de la navette spatiale américaine;
les appareils de dialyse qui filtrent et éliminent les éléments toxiques du sang en cas d’insuffisance rénale sont issus du système de recyclage des fluides (urine, notamment) mis en place lors des missions Apollo;
l’IRM médicale qui a été développée (améliorée) par la NASA pour finement photographier la surface lunaire afin de préparer les alunissages. Le procédé ainsi perfectionné permet l’exploration du corps humain en 2D et en 3D.

On pourrait dresser un véritable catalogue à la Prévert de toutes ces applications qui sont à des années-lumière du concept de gadget. Aux détracteurs d’une exploration spatiale aux coûts somptuaires on peut répondre que ces innovations ont une réelle utilité autant individuelle que collective et que le retour sur investissement est significatif.

Et après ...

Après l'époque des pionniers qui ont démontré la capacité technique de l’exploration spatiale vient le temps économique. Deux nouveaux acteurs : SpaceX et Blue Origin, qui ont attribué à l’espace une valeur marchande avec une ubérisation des coups de lancement et des satellites ce qui peut relancer une nouvelle forme de conquête.

De nombreux start’upers rêvent déjà d’usines de l’espace où l’on ferait de l’impression 3D en apesanteur, où seraient produits des « super » fibres optiques et même pour fabriquer des organes à partir de cellules souches. Tous ces projets nécessitent avant tout une analyse de la valeur pour que leur éventuelle réalisation soit basée sur un modèle économique rentable.

Dans un autre registre des travaux sont menés pour augmenter les ressources des astronautes de futures expéditions lointaines avec des approvisionnements sur la lune en eau en énergie. Ainsi l’hélium-3 (3He) présent sur la lune pourrait servir à produire le carburant des vaisseaux spatiaux interplanétaires. L’alimentation des futurs équipage fait aussi l’objet de recherches (programme MELiSSA) : il y a des essais de germination de plants de tomate en cours dans une chambre ad’hoc du satellite Eu:CROPIS et la culture des haricots verts, prévue dans l'ISS d'ici à 2021.

En imaginant que, dans les décennies futures, les programmes d’exploration vers Mars et Vénus soient réalisés avec des collectes d’échantillons et en supposant l’exploitation de minerais des astéroïdes ou d’Hélium3 lunaire, l’homme sera certainement tenté d’élargir le terrain de jeu spatial au système solaire tout entier voire au-delà. Cela dit ce ne sera possible qu’avec de nouveau moyens de propulsion car avec la technologie actuelle il faudrait 80 000 ans pour aller jusqu’à Proxima du Centaure qui est l’étoile la plus proche de nous à 4,2 millions d’années-lumière.

Le voyage vers d’autres galaxies se heurtera mur de la distance. Pour explorer les autres mondes, on se contentera de télescopes.


Une transition énergétique européenne qui se fait attendre

Ils étaient des Français, Anglais, Irlandais, Russes, Allemands, Hongrois, Serbes… de Lucien Gaulard à Nikola Tesla, l’histoire de l’invention du transformateur électrique démontre que l’innovation dans le domaine de l’électricité était déjà au XIXe siècle une tradition commune à l’Europe.

Ne manque-t-il pas dans les débats actuels de la transition énergétique française une lecture historique ?

La transition énergétique française est engagée semble-t-il dans ses dernières années de réflexion. Il reste tout de même un goût amer autour de ce dossier. Comme si l’Europe qui n’existait pas encore sur le papier il y a plus d’un siècle était, à travers ses pionniers de toutes origines du territoire du Vieux Continent, une réalité inconsciente.

Et cette réalité ressemble comme deux gouttes d’eau à celle d’aujourd’hui, avec cette confrontation, à laquelle nous assistons, des diverses transitions énergétiques mises en œuvre avec plus ou moins de succès par les partenaires européens, selon les divers et rudes lobbyings et caprices des acteurs de la transition.

Quel meilleur exemple que celui du transformateur électrique ? Une création issue de la diversité des sciences culturelles européennes qui a traversé plus d’un siècle et à juste titre s’incarne aujourd’hui en Smart Grids.

Et à défaut de voir les technocrates de Bruxelles saisir le symbole, par méconnaissance de notre histoire énergétique commune, on est en droit de faire de l’histoire du transformateur électrique, notre porte-voix de l’innovation entre pays européens.

Lucien Gaulard, John Dixon Gibbs, Michael Faraday, Nicolas Callan, Otto Titusz Blathy, Miksa Déri, Karoly Zipernowsky et Nikola Tesla…, voilà quelques noms qui ont participé à l’évolution du transformateur électrique.

De tels noms au destin improbable, venus de toute l’Europe en pleine deuxième révolution industrielle, tranchent avec le conservatisme et le pré carré nationaliste des industriels actuels du secteur énergétique.

La cacophonie actuelle des transitions énergétiques propres à chaque membre de la communauté européenne, ne fait qu’accentuer le malaise à mettre en place une même musique, face aux entreprises américaines à l’ouest et asiatiques à l’est du Vieux Continent.

Si l’on prend le cas du Serbo-Croate Nikola Tesla, le père des alternateurs électriques, c’est à Paris en 1882 qu’il entre au service de l’entreprise Continental de Thomas Edison. Puis lorsqu’il rejoint New York pour travailler au service de l’inventeur américain, on estime à 700 brevets du Serbe qu’Edison a voulu déposer à son nom.

À cet égard, la procédure engagée après sa mort par sa famille contre l’administration américaine pour récupérer ses effets et travaux, est révélatrice de la rivalité encore actuelle entre l’Europe et les États-Unis dans le secteur énergétique.

Les pays européens doivent une fois pour toutes accorder leurs instruments en termes de transition énergétique. C’est dans les gènes du Vieux Continent de se renouveler sans cesse, par les arts de l’innovation industrielle.

Mais à l’heure des doutes et à cause d’une crise économique profonde, l’histoire énergétique des membres de l’Union, de ses pionniers et entreprises, peut aider à reprendre goût à l’innovation et à trouver les solutions de demain.


Métiers de l’énergie intelligente : faut-il revenir au concept des arts et métiers ?

La convergence énergie/numérique est-elle en train de bousculer l’idée chère à Colbert que chaque métier, chaque labeur, chaque produit a sa propre noblesse, sa propre famille.

Le lancement à la fin du XVIIe siècle par l’Académie royale des sciences, de la description des arts et métiers, a structuré pour longtemps une conscience française autour de l’esthétique, le goût et la qualité du produit made in France. Évidemment, l’avènement de l’ère industrielle au XIXe siècle a profité du gigantesque travail favorisé par Colbert, de publication de cette collection d’ouvrages sur les métiers artisanaux. Une collection dont la publication va s’étaler jusqu’à la veille de la révolution, 1782.

Longtemps, la qualité des éditions originales grâce à la finesse des planches et aux descriptions plus que précises des savants académiciens, Sébastien Truchet, Jacques Jaugeon, l’abbé Jean-Paul Bignon et Gilles Filleau Des Billettes, ont permis de donner une idée noble de chaque métier, chaque produit. Aujourd’hui, la numérisation de l’offre énergétique et la convergence des produits utilisés dans l’espace résidentiel ou tertiaire, on a le sentiment de ne peu plus avoir une conscience française des produits énergétiques qui nous entourent.

Au-delà d’un anglicisme envahissant, on se trouve devant le fait accompli qu’on nous propose souvent le même professionnel afin d’installer le chauffage, l’éclairage comme le multimédia. Veut-on sincèrement nous imposer l’idée que l’installateur qui se présente à notre domicile aura la faculté de nous offrir tout à la fois un confort en chauffage, en éclairage et en multimédia à la hauteur de nos exigences.

S’il est clair que ces différentes offres ont pour point commun la consommation énergétique, il est tout de même évident qu’on ne peut pas faire d’un même professionnel, un bon chauffagiste, un bon éclairagiste et un bon sonorisateur. À cela, un autre facteur vient perturber les métiers autour de l’offre énergétique. L’arrivée des opérateurs télécom et des entreprises du logiciel à la recherche de nouveaux débouchés.

Aux traditionnels équipementiers de l’électrique, vient s’ajouter les professionnels de la box, du code informatique et même de la voiture électrique. Alors, ne faut-il pas un nouveau Colbert pour nous offrir de nouvelles descriptions des arts et métiers, à l’ère de l’efficacité énergétique ? Ne faut-il pas relancer une nouvelle Académie royale des sciences pour en finir avec l’emprise des Apple, Google et autre Amazon ?
Les salons et autres rencontres dédiés au génie climatique, sont les lieux privilégiés, pour observer un des embarras français, devant le nouveau langage dédié aux métiers de l’énergie intelligente. Il s’agit de la maquette numérique du bâtiment qui est rentrée dans les mœurs, par sa désignation anglophone, BIM, pour Building Information Modeling et qu’on désigne en français par Modélisation des données du bâtiment (MIB).

Quatre années après avoir fêté les 350 ans de Saint Gobain, né en octobre 1665 par la signature de Louis XIV, il serait peut-être judicieux, de remettre au-devant de la scène l’initiative de Colbert, la description des arts et métiers adaptée au « Smart Building ».


Santiago de Chili, ville la plus intelligente d’Amérique latine

Selon un classement de l'école de commerce espagnole, IESE Business School, Santiago, a été classée comme la ville la plus intelligente d'Amérique latine. C'est la première fois que la capitale chilienne est en tête de ce classement, qui prend en compte neuf dimensions: capital humain, cohésion sociale, économie, gouvernance, environnement, mobilité et transports, planification urbaine, projection internationale et technologie.

En ce qui concerne la mesure de l'année précédente, Santiago a gagné sept positions, se distinguant dans les domaines de l'environnement et de la planification urbaine. Par ailleurs, ses performances les plus faibles étaient dans les domaines de la technologie et de la cohésion sociale.

A partir de 96 indicateurs, le Département de la mondialisation et de la stratégie à l'IESE Business School, a élaboré un classement mondial des villes intelligentes. Santiago du Chili, classé 66 dans le monde entier, suivi de Buenos Aires (Argentine), qui apparaît à la position 77 et en troisième sur le podium, vient Montevideo (Uruguay), à la 92ème place.

Santiago du Chili compte avec plus de 6 millions d'habitants, l'un des centres économiques les plus dynamiques d'Amérique latine. En tant que tel, il n’est pas en dehors de la révolution impliquée par les villes intelligentes.

A Santiago, l’une des priorités des autorités locales, est de commencer à construire une métropole plus résiliente pour connaître les zones les plus exposées aux risques et les moyens de faire face aux imprévus. Non seulement du point de vue de la gestion des urgences, mais intégré au productif, au citoyen et à la mobilité.

Par exemple, l’incorporation de quelque 200 autobus électriques au réseau de transport métropolitain est un moyen de progresser vers un Santiago «vert».Cette transition profite non seulement à l'environnement, mais génère du capital humain, car elle nécessite l'incorporation de techniciens et de chauffeurs mieux informés dans cet écosystème.

Dans le cadre de la mobilité, la municipalité vise également à promouvoir une dynamique plus fluide du transport de marchandises en ville. Avec l'essor du commerce électronique, les entreprises privées ont de plus en plus besoin de ce service, mais comme toutes les grandes villes d'Amérique latine, Santiago souffre d'embouteillages et de congestions à différents endroits.

Souvent, cela signifie que « la livraison de la marchandise et des marchandises qui doivent être distribuées accusent des retards considérables, de sorte que les engagements pris par les parties privées en matière de livraison ne sont pas respectés », a déclaré l'expert.

C’est la troisième ville d’Amérique latine à avoir le plus grand investissement étranger en bureaux. Selon l'Indice de compétitivité urbaine produit par América Economía, Santiago est la deuxième ville hispanophone d'Amérique à faire des affaires, juste derrière Miami et est également, selon le classement 2015 de The Economist, la deuxième ville la plus « vivable », en Amérique latine, juste derrière Buenos Aires.


Smart Energies : Un salon de réflexions et de solutions

Les technologies de l'énergie de demain sont encore en plein ébullition et des tendances émergentes. Avec le titre « Imaginons aujourd'hui l'énergie de demain », le 17 et 18 juin prochain, au Palais des Congrès, à Paris, le salon Smart Energies présentera, des pistes d'avenir.

En juin 2010, la rencontre organisée par la FIEEC, temple du patronat de l'équipement électrique et électronique, sur le thème des Smart Grids, a été annonciateur d'un prochain mariage historique entre le monde énergétique et numérique. Durant les deux journées de cette rencontre, sous la houlette de son organisateur Jean-Marc Molina, une pensée française de la mutation énergétique impactée par l'intelligence numérique a pris corps. On y voyait déjà, opérateurs du transport électrique et des télécoms se disputer le futur comptage digital de l'énergie à destination du client, mais aussi, une certaine idée française traditionnelle et reconnue mondialement du transport électrique.

Après la Première exposition internationale de l'électricité en 1881, n'a-t-on pas, à Paris, fondé, en 1921, le Conseil International des grands réseaux électriques (CIGRE). Un évènement mondial dont la 48ème session se tiendra du 23 au 28 août 2020, au Palais des Congrès de Paris.

Le salon Smart Energies qui se tient lui aussi au Palais des Congrès de Paris, se veut prospectif avec 140 intervenants, 50 exposants et 50 ateliers. Pour cette édition, face à la profusion d'évènements liés à la transition numérique de l'énergie, la programmation s'est voulue moins  technophile, mais plus en liaison avec les bouleversements sociologiques, économiques et politiques du secteur.

Si pour cette neuvième édition, la question du stockage est très présente dans les interventions, il est clair que les énergies renouvelables sont encore un casse-tête pour leur gestion en amont concernant la production qu'en aval à propos de la consommation. Il y a aussi l'énigme du financement de la transition énergétique et celle des projets qui obéit à l'incertitude des infrastructures énergétiques qui vont émerger dans un monde connecté.

Enfin, la conférence symbolique qui va être le reflet de cette incertitude énergétique en devenir, aura pour titre « TR : Vers une société de la sobriété ». Jean-Claude Fontanive, délégué Général de la chaire Environnement de l'école de commerce l'IPAG, Sophie-Noëlle Nemo, directrice Opérationnelle Transition Énergétique de Poste Immo et surtout l'écrivain Sébastien Bohler, neurologue et auteur de l'ouvrage « Le Bug Humain », auront la lourde tâche de nous expliquer «•Comment insuffler un mouvement de descente énergétique ? ». A croire que les salons qui ont pour thématique l'avenir énergétique commencent à prendre en compte les aspects sociétaux.


Kevin Ashton: Il ya 20 ans il a inventé la désignation « Internet Of Things »

L’expression Internet Of Things a été inventée en 1999 par le britannique Kevin Ashton, au moment où l’Internet était autant un mot à la mode qu’une curiosité à la mesure de l'IoT aujourd’hui.

C’était lors d’une conférence pour convaincre la haute direction du géant de la consommation Procter & Gamble, des avantages de l’installation d’une micropuce dans tout ce que la société réalisait pour surveiller sa chaîne logistique.

Kevin Ashton, est un pionnier de la technologie britannique qui a cofondé le centre d'identification automatique du Massachusetts Institute of Technology (MIT), et a aussi créé un système standard mondial pour les capteurs RFID.

Né à Birmingham, au Royaume-Uni. Kevin Ashton a étudié à l'University College of London de 1990 à 1994. Puis, il a commùencé à travailler en tant que chef de marque adjoint chez Procter & Gamble (P & G) en 1997, lorsqu'il s’est intéressé à utiliser la RFID pour aider à gérer la chaîne d'approvisionnement de P & G.

Ce travail l'a conduit au MIT, où il a aidé à démarrer un consortium de recherche RFID appelé Auto-ID Center avec les professeurs Sanjay Sarma et Sunny Siu et le chercheur David Brock. Le centre a ouvert ses portes en 1999 en tant que projet de recherche parrainé par l’industrie dans le but de créer un système standard ouvert mondial pour mettre la RFID partout.

Kevin Ashton était le directeur exécutif du centre. Sous la direction d'Ashton et de Sarma, le nombre de sponsors a été porté à 103, et des laboratoires supplémentaires ont été financés dans d'autres grandes universités du monde. Une fois le système mis au point, le MIT l’a octroyé sous licence à l’organisme de normalisation à but non lucratif GS1 et le projet a abouti. Les laboratoires ont été renommés Auto-ID Labs et poursuivent leurs recherches.

Toujours passionné par la recherche, Kevin Ashton est devenu un entrepreneur de haute technologie avec les start-ups ThingMagic, la société de technologies propres EnerNOC et Zensi, une entreprise de détection d'énergie qu'il a fondée, entre autres, avec Shwetak Patel. Zensi a été acquise par Belkin International en avril 2010. Ashton a ensuite développé et lancé le système domotique Belkin WeMo.


Le secteur de la construction face à sa révolution numérique

Alain KERGOAT, Directeur des programmes de la SBA et Cofondateur du cabinet conseil Urban Practices. Contribution déjà publiée sur la plateforme Construction 21

L’innovation s’est installée comme la force centrale de nos moteurs économiques, elle est plus de que jamais valorisée comme le signe vertueux de notre modernité, est devenue l’un des marqueurs de notre époque, portée en particulier par les vagues successives des révolutions technologiques, dont la dernière, celle du numérique, promet de dépasser par son emprise et sa vitesse de propagation toutes les vagues précédentes.

Le pouvoir de transformation des innovations numériques n’est pas nouveau en soi, étant à l’œuvre dans de nombreux secteurs industriels ou de services depuis des décennies, son impact sur le grand public : consommateurs, usagers et citoyens, s’étant accéléré au tournant des années 2000, il y a près de 20 ans déjà.

Jusqu’à très récemment pourtant, le secteur de la construction en était resté pour l’essentiel à l’écart, notamment dans les phases de conception, réalisation et exploitation du bâtiment. La raison est simple à analyser : il s’agit en effet dans la rencontre entre ces deux industries (la construction et le numérique), d’un choc de culture et d’un choc de temporalité. La culture assez conservatrice d’un secteur, celui de la construction, très règlementé et financiarisé est un premier facteur.  Opérant sur des cycles longs, dont l’objet est de produire des biens avec une valeur économique prédictible, le secteur de la construction est confronté à l’arrivée du numérique, un secteur à cycles courts, voire très courts, ou l’innovation est le moteur de la croissance et de la création de valeur, avec en corollaire cette part d’incertitude et de remise en cause permanente des acquis. Bref un secteur « immobilier » face à un secteur « d’hyper mobilité », le temps long face au temps court.

Cependant y a-t-il une fatalité à ce que ces deux univers à priori si différents ne puissent s’apporter mutuellement ? Il semble que non, et ce pour trois raisons essentielles :

  • Le progrès technique, et le numérique en particulier, engendre des effets positifs de gains de productivité et le développement de nouveaux usages, donnant naissance à un processus de création de richesse assorti généralement d’une recomposition de la chaine de valeur du secteur concerné. A contrario le numérique doit s’imprégner des besoins d’un marché pour être en mesure de délivrer toute la puissance de ses innovations.
  • Les destinataires finaux des biens et services finissent toujours, lorsque ceux-ci ont de la valeur, par se réapproprier les progrès techniques qui leurs sont proposés par les professionnels du secteur, ou par d’autres acteurs externes au secteur. Ces mutations d’usages s’imposent alors progressivement comme des évidences, parfois à une vitesse qui n’était pas initialement perçue par les professionnels du secteur d’origine.
  • La troisième raison peut sembler moins intuitive mais nous défendons l’idée que dans le contexte particulier de la construction et de l’immobilier, le numérique peut avoir une contribution positive sur l’impact écologique du bâtiment. Au moment ou l’on aspire à réduire la consommation d’énergie et l’empreinte carbone de nos activités, le secteur du bâtiment a une responsabilité majeure en la matière et l’on aura besoin de la contribution du numérique pour atteindre les objectifs ambitieux qui sont visés.

Alors pourquoi a-t-on le sentiment de cette difficulté particulière du secteur, à saisir l’opportunité de cette rencontre sur les chemins de l’innovation fertile ?  Plusieurs raisons à cela, mais la principale tient à l’attitude vis-à-vis du changement, car par essence l’innovation créatrice de valeur n’est généralement pas cantonnée au prolongement de savoirs faire antérieurs. Il ne s’agit pas en effet de progrès d’incréments, mais bien d’une nouvelle manière de percevoir les choses, qui peut perturber ce faisant les ordres établis, et prendre des chemins sinueux avant de trouver sa voie. Or face à cet inconnu dont on ne maitrise pas (encore) les tenants et aboutissants, plusieurs réactions sont possibles :

  • Ignorer le phénomène en se disant que cela ne concerne pas et ne peut s’appliquer à un secteur qui a ses propres règles, contraintes et savoir-faire
  • Résister à l’arrivée des innovations en dressant des barrières techniques, administratives, commerciales … culturelles pour tout dire
  • Suivre le mouvement avec plus ou moins d’entrain en se concentrant sur la réalisation de quelques expérimentations (les fameux PoC), ou en faisant reposer l’innovation, pour l’essentiel, sur un tissu de partenariats extérieurs à l’entreprise (le startup syndrome)
  • Adopter pleinement l’innovation et en faire un vrai cheval de bataille et de réflexion stratégique pour conduire le changement en interne, tout en s’appuyant sur un écosystème d’innovation ouvert

Les deux premières voies sont vouées à l’échec à court terme, la troisième reste un pis-aller, seule la dernière ouvre la route du progrès et du succès sur le long terme.  Mais alors de quelles promesses pour le bâtiment le numérique et les innovations qui en découlent sont-ils porteurs et comment aborder cette transition ?

Il serait long de répondre à cette question, et certainement n’existe-t-il pas de réponse unique toute faite, mais plutôt des réponses spécifiques en fonction du contexte de l’entreprise, de ses marchés et projets, néanmoins quelques pistes peuvent être dressées pour illustrer le propos :

  •  La première qui vient à l’esprit est la contribution à la réduction de la consommation d’énergie et d’émission de gaz à effet de serre, facilitée par le pilotage plus précis des systèmes techniques au regard des usages réels et à la capacité d’auto-apprentissage et d’auto-organisation grâce à l’emploi de l’IA
  •  La seconde qui peut être mentionnée est liée à l’efficience opérationnelle en phase exploitation, découlant du suivi en temps réel des installations et de la maintenance prédictive …
  •  Une troisième piste qui se développe et bénéficie directement des possibilités offertes par le numérique est le juste dimensionnement et la qualité d’usage des espaces, en deux mots : moins de M2 pour plus de services.

Bref le numérique transforme le bâtiment en véritable plateforme de services pour mieux répondre aux besoins évolutifs des diverses parties prenantes : gestionnaires, exploitants, occupants, contribuant ainsi à valoriser le bien sur le long terme.

Convaincu de l’intérêt d’intégrer l’innovation numérique dans le bâtiment la question qui se pose alors est comment faire et par où commencer ? Une première réponse pourrait être de se rapprocher d’une communauté professionnelle ayant déjà posé les bases du sujet et ayant commencé à y apporter des solutions concrètes. Cette communauté existe, c’est la SBA (Smart Buildings Alliance for Smart Cities) créée en 2012 et forte aujourd’hui de plus de 300 membres, entreprises et organisations représentatives de la richesse et de la transversalité du secteur, dont l’ambition est de conjuguer transition numérique et transition énergétique au service de tous, en publiant notamment des cadres de référence, tels que R2S, coconstruits par les membres de la filière dans toute sa diversité, pour accompagner et faciliter ces transitions. Les outils existent, vous n’êtes pas seuls, il est temps d’emprunter sans crainte et avec détermination ces nouveaux chemins.