« Si vous êtes entré dans une épicerie il y a 100 ans par rapport à aujourd’hui, rien n’a vraiment changé », déclare Lindon Gao, co-fondateur et PDG de Caper. Le jeune new-yorkais pense que cela n’a aucun sens que vous puissiez commander un taxi avec votre téléphone ou aller réserver un hôtel avec votre téléphone, mais vous ne pouvez pas utiliser votre téléphone pour effectuer un paiement et quitter un magasin. Malheureusement vous devez toujours faire la queue.

Caper, la startup de Lindon Gao ne chôme pas. L’année dernière elle a créé un panier avec un lecteur de codes-barres et un lecteur de carte de crédit intégrés, mais elle finalise la technologie pour numériser automatiquement les articles que vous déposez sur un comptoir numérique grâce à trois caméras de reconnaissance d’image et un capteur de poids. Lindon Gao affirme que les gens achètent déjà 18% de plus par visite une fois que les magasins sont équipés de ses chariots.

« Je n’ai pas de raison altruiste, mais je veux vraiment faire une brèche dans l’univers et je pense que le commerce de détail est gravement sous-innové », affirme avec un brin d’innocence Lindon Gao. La plupart des fondateurs essaient de raconter une « histoire d’origine de super-héros » pour expliquer pourquoi ils sont la bonne personne pour le poste.

Pour Gao, innover dans le commerce de détail n’est qu’une bonne affaire. Il a construit sa première startup dans le commerce du jeu à 14 ans. La société de joaillerie qu’il a lancée à 19 ans fonctionne toujours. Il est ensuite devenu banquier d’investissement chez Goldman Sachs et JP Morgan, mais « j’ai toujours eu l’impression d’être davantage un type de start-up », finit-il par lâcher.

Caper était en fait un pivot depuis son entrée précédente dans l’espace appelé QueueHop qui fabriquait des étiquettes de sécurité pour vêtements sans caissier qui se déverrouillaient lorsque vous payiez. Mais au cours de Y Combinator, il a découvert à quel point il était difficile de faire évoluer un produit qui nécessitait de repenser complètement le flux des opérations d’un marchand. Alors Gao a fait le tour de New York pour parler à 150 marchands et découvrir ce qu’ils voulaient vraiment. Le chariot était sa première réponse.

Après le panier, Lindon Gao s’est attaqué au comptoir des commerçants aux longues files d’attentes. Baptisé Caper Counter, son comptoir intelligent repose sur des technologies d’intelligence artificielle. Un système de vision par ordinateur couplé aux informations remontant de capteurs permet d’analyser et identifier instantanément les articles placés sur le comptoir.

Les références sont alors automatiquement ajoutées au panier du client. Ce dernier peut régler ses achats par carte bancaire, avec ou sans contact, ou via son smartphone par paiement NFC. Caper Counter peut référencer jusqu’à 10 000 articles.

L’histoire de Capter est née lors d’une rapide visite dans un magasin Zara qui s’est transformé en une épreuve de 30 minutes à cause d’une longue file d’attente. Lindon Gao a pensé tout de suite qu’il devait y avoir un moyen plus efficace de payer. En janvier 2019, lui et ses cofondateurs Ahmed Beshry, Yilin Huang et York Yang ont lancé Caper pour construire le premier panier au monde alimenté par l’intelligence artificielle.

L’épicerie canadienne Sobeys mène un projet pilote et Caper réalisera un chiffre d’affaires de 1 million de dollars en 2019. Elle a levé 13 millions de dollars de financement auprès de sociétés comme Lux Capital, First Round Capital et le cofondateur d’Instacart, Max Mullen.