Londres est la plus grande ville de l’ouest de l’Europe et leader mondial de la finance. Pour son avenir digital elle devait voir grand. Pour élaborer un tel programme smart city, Sadiq Khan a voulu être un maire original à son arrivé en 2016. Il a choisi, afin de dénicher la perle rare pour la direction de la politique numérique d’une municipalité qui regroupe pas moins de 33 arrondissements, de lancer, au printemps 2016, un concours ouvert aux citoyens de la ville. L’heureux élu fut Théo Blackwell, un professionnel qui a l’avantage de connaître autant le fonctionnement des localités londoniennes que d’avoir une vingtaine d’années d’expérience dans les développements de projets numériques. Cornaqué par les fins limiers du cabinet américain Blomberg Associated qui a fait sa réputation de conseil pour les municipalités US, Théo Blackwell a suivi un vrai régime d’apprentissage du fonctionnement de Londres. On lui a imposé un pèlerinage de 90 jours dans les 33 arrondissements de la capitale pour constituer la feuille de route numérique aux cinq missions déclinées par le maire.

Le maire de Londres, que Théo Blackwell décrit comme « pro-technologie et pro-innovation », a lancé Smarter London Together en 2018, une feuille de route pour améliorer la collaboration entre le secteur technologique et les 33 arrondissements de la capitale et les principaux universités, afin de réintroduire les avancées dans le secteur public.

Ainsi, c’est à un véritable travail de « réparation de plomberie » que l’équipe municipale dédiée au numérique autour de Théo Blackwell a effectué en deux années et qui aidera à faire de Londres un endroit plus réactif et un meilleur lieu pour faire des affaires. « Notre ville (de neuf millions d’habitants) devrait croître d’ici le milieu du siècle de deux millions supplémentaires – la valeur de huit arrondissements. Ce qui pourrait s’appliquer à un arrondissement pourrait également s’appliquer à six, huit ou 14 autres », explique Blackwell.

Les villes intelligentes sont souvent conduites par une approche « trop solutionniste » qui implique d’avoir une grande plate-forme et d’y introduire des tonnes de données, puis de faire quelque chose avec. Au lieu de cela, Blackwell adopte les meilleures traditions de conception et d’expérience avec les données pour faire quelque chose qui est plus objectif.

En tant que premier directeur numérique de Londres, Theo Blackwell joue un rôle de premier plan dans la réalisation de l’ambition du maire de faire de Londres la ville la plus intelligente du monde, en veillant à ce que le statut de la capitale en tant que pôle technologique mondial contribue à transformer la façon dont les services publics sont conçus et fournis, les rendant plus accessible, efficace et réactif aux besoins des Londoniens.

En 2002, il commence une première expérience municipale, en tant que maire-adjoint chargé des finances, de la technologie et de la croissance au conseil de l’arrondissement de Camden. De ce haut lieu de la culture alternative, connu à l’international pour abriter la British Library et le British Museum, ainsi que les gares de Euston, Saint-Pancras et King’s Cross, Theo Blackwell en a fait le premier arrondissement numérique de Londres grâce à son utilisation des données publiques.

Il a travaillé au sein du groupe public d’accélérateur GovTech, où il a conseillé des start-ups sur le marché en croissance des services publics locaux, et était auparavant responsable de la politique et des affaires publiques pour l’organisme commercial de l’industrie des jeux vidéo, Ukie.

Aujourd’hui, le directeur numérique s’interroge: « Comment faire d’une ville qui a été construite au cours des 2000 dernières années une ville plus intelligente? ». Le défi devient très grand, car fondée par les Romains en 47 après JC, l’infrastructure de Londres associe des bâtiments millénaires à des structures modernes abritant des entreprises technologiques de pointe.