A cheval sur la Moselle et la Meurthe-et-Moselle dans la région du Grand-Est, cette communauté qui regroupe huit municipalités de près de 29000 habitants, a depuis longtemps décidée de tourner la page de l’industrie sidérurgique. Dès 2009, Pays-Haut Val d’Alzette a gagné le label Eco-Cité avec l’ouverture notamment d’un living lab. Il y a six ans, la communauté de communes a mis sur pied un plan Smart City, en forme de projet de territoire pour la décennie 2014/2024. Lancé en octobre 2018, ce dernier est réalisé dans un esprit privé/public, avec pour associée trois grands groupes, Suez, Capgemini et Bouygues, et plusieurs autres start-up. La communauté de communes du Pays-Haut Val d’Alzette est le premier territoire périurbain en France à concourir au statut de Smart City. Le projet repose sur l’exploitation de données publiques collectées à partir de capteurs ou fournies par les habitants, dans le but d’améliorer le cadre de vie. Il a pour nom Eclor.

C’est rare de voir en France dans une intercommunalité, lors d’une passation entre un président sortant et son successeur qu’un projet de smart city soit le dossier le plus important pour une communauté de communes. C’était le cas mi-juillet lorsque André Parthenay a cédé sa place à Patrick Risser, nouveau président du Pays-Haut Val d’Alzette, un territoire qui déjà utilise la terminologie « Territoire Intelligent ».

Durant la mandature d’André Parthenay, l’intercommunalité et ses partenaires ont développé la plateforme ECLOR qui doit permettre de mettre en place des solutions concrètes, conçues pour faire face à des besoins du quotidien et produire des avantages partagés par le plus grand nombre.

L’ambition des élus du Pays-Haut Val d’Alzette est à partir d’ECLOR d’optimiser virtuellement presque la totalité de leur secteurs d’attributions, à l’exemple de la gestion des déchets, de l’éclairage publique, de la mobilité, du commerces de détail, de la sécurité, de la domotique, de la consommation d’eau et de l’électricité, de la qualité de l’air et de l’eau, de la culture, enfin, de l’accès à l’information.

Tout cela, « sur la base des connaissances apportées par les données, la plateforme ECLOR permettra de mettre en place des solutions concrètes, conçues pour faire face à des besoins du quotidien et produire des avantages partagés par le plus grand nombre. À terme, de nouvelles activités économiques ou publiques pourront être imaginées et adaptées grâce à ce système », confirme l’intercommunalité sur son site web dédié au projet.

ECLOR fonctionne comme un compteur numérique général du Pays-Haut Val d’Alzette qui collecte et traite les données publiques anonymisées. Ces données remontent au PC numérique de la communauté de communes, grâce à différents capteurs installés sur le pays, ou donnés par les habitants sur la base du volontariat. À partir de ces données, des solutions doivent être apportées afin de fluidifier le trafic, accélérer la collecte des déchets, optimiser l’éclairage public ou encore éviter le gaspillage d’eau.

Pour sensibilisé ses citoyens à ECLOR, l’intercommunalité a organisé des ateliers de concertation avec les habitants entre décembre 2018 et octobre 2019. Pour mettre sur pied un tel projet digne d’une métropole, c’est 1 million d’euros qu’il a fallu réunir dont 20% et à la charge du Pays-Haut Val d’Alzette. Le budget ECLOR a été complété à 80% par le Programme Investissement d’Avenir, la région Grand Est et le département de la Moselle.